Le champ d'application de cet amendement est encore assez flou.

La loi d'orientation des mobilités prévoit de bloquer les avertisseurs en cas de contrôle routier, d'enlèvement ou d'attentat. L'idée est de rendre invisibles les policiers pendant une durée déterminée, afin qu'ils puissent passer à l'action de manière discrète. Les automobilistes pourront toujours signaler la présence des policiers, mais l'information ne s'affichera pas sur les écrans des autres automobilistes. Les applications comme Waze, Tomtom et Coyote ont donc du plomb dans l'aile.

Cette mesure ne date pas d'hier, en 2018 déjà, le Comité interministériel de sécurité routière prévoyait la mise en pratique de cette mesure en juillet dernier, cela est tombé à l'eau. Mais cette année, un amendement a été déposé le 29 mai, et il prévoit lui aussi de suspendre le signalement des forces de l'ordre.

"Cet amendement permet aux forces de l’ordre de suspendre à leur demande, pendant une durée limitée et dans un périmètre circonscrit, la localisation de certains de leurs contrôles compte tenu de leur sensibilité ou de leur objet. Les informations relatives à l’interdiction qui sera faite aux opérateurs d’aide à la conduite ou à la navigation par géolocalisation seront communiquées à ces derniers par l’autorité administrative" indique le texte.

Sur Twitter, Zivka Park, députée de la 9e circonscription du Val-d’Oise, a rapporté que ce texte ne concernait pas les contrôles de vitesse. Le but étant avant tout de créer des zones blanches, afin que les forces de l'ordre puissent agir avec plus d'efficacité en conservant l'effet de surprise. Mais cela ne convainc pas tout le monde, comme Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d’automobilistes : "Ce texte vise à mon sens autre chose: flasher toujours plus, sanctionner, taper sur l’automobiliste".

"Son usage ne sera pas systématique, les forces de l’ordre pour demander l’invisibilité via cet outil seulement si elles le souhaitent, et dans le cadre d’usage précité. S’agissant du périmètre, l’impact de la mesure est de l’ordre de 0,1 % du linéaire de réseau routier français, étant entendu que seules sont visées les routes nécessaires pour éviter que la diffusion de position des forces de l’ordre ne puisse donner lieu à un trajet d’évitement" affirment les auteurs du texte. 

La CFDT, le syndicat Alternative Police pense que cette mesure peut gravement nuire à la sécurité dans le cadre de la lutte antiterroriste et antidrogue. En effet, l'apparition d'une zone blanche dans l'écran d'un smartphone indique clairement la présence de policiers : "le fait de créer ces zones blanches informera de facto les automobilistes qu’ils se situent dans une zone où des forces de sécurité sont en intervention puisqu’ils n’auront pas la possibilité de signaler leur présence. Une simple vérification avec deux téléphones portables permettra de vérifier cette impossibilité".

Note : Cet amendement pourrait entrer en vigueur en 2020

Source : Le Parisien

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