Un mandat d'arrêt international a été émis par Interpol.

S'il pensait pouvoir échapper à la justice nippone en quittant le Japon discrètement, et ce malgré l'assignation à résidence dont il faisait l'objet, Carlos Ghosn a désormais l'interdiction de quitter le Liban où il a trouvé refuge après son départ du pays du Soleil Levant. L'ancien PDG de Renault et Nissan a été entendu par la justice libanaise, qui lui a interdit de quitter le pays et a demandé son dossier judiciaire au Japon.

L'interrogatoire mené au Liban est directement lié au mandat d'arrêt international émis par le Japon, qui en réfère à Interpol pour faire juger l'homme d'affaires. La police internationale a transmis une notice rouge contre Ghosn, qui pourrait donc être arrêté aussi au Liban, même si ce n'est pas le cas pour le moment. En attendant, les autorités japonaises ont réagi avec vigueur à sa conférence de presse tenue ce mercredi 8 janvier, durant laquelle il a assuré être victime d'un coup monté.

"Je veux qu'il vienne affronter réellement la justice japonaise, mais il a fui, alors même qu'il n'était pas enfermé, qu'il pouvait voir librement ses avocats. Une telle attitude est inqualifiable. Si l'accusé Ghosn a quelque chose à dire sur son affaire pénale, qu'il présente ses arguments ouvertement devant un tribunal japonais et apporte des preuves concrètes. J'espère sincèrement que le prévenu Ghosn déploiera tous les efforts possibles pour faire valoir son point de vue dans le cadre d'une procédure pénale équitable au Japon", a lancé Masako Mori, la ministre de la Justice japonaise, qui avait déclaré que "son évasion [n'était] pas justifiable".

L'ancien dirigeant est donc l'ennemi numéro 1 au Japon, puisque les dirigeants de Nissan se sont également exprimés sur son cas, l'ancien directeur général Hiroto Saikawa disant même que "si le contenu de la conférence de presse se limite à ça, il aurait pu la faire au Japon". La presse s'est également emparée de l'affaire, les médias n'hésitant pas à dénoncer sa fuite au Liban. Mais avec cette nouvelle assignation à ne pas quitter le Liban et le mandat d'arrêt qui a été formulé à son encontre, il n'est pas impossible que Ghosn doive finalement affronter la justice dans les prochaines semaines.