Ces immatriculations concernent trois canaux principaux : loueurs courte durée, véhicules de démonstration et constructeurs.

Dans le merveilleux monde de l'automobile, il existe une pratique peu connue du grand public. Si vous n'avez jamais entendu parler des immatriculations ou ventes tactiques, ne quittez pas, cet article devrait vous intéresser.

Pour vendre leurs véhicules, les constructeurs possèdent différents canaux. Le plus simple est de trouver de vrais clients, des particuliers comme vous et moi, qui signeront le bon de commande après s’être déplacés en concession. Il y a aussi les entreprises et les sociétés qui commandent plusieurs véhicules pour renouveler leur flotte par exemple. En France et ailleurs, les concessionnaires ont des objectifs bien précis fixés par les constructeurs. À la fin d'une période, si les objectifs ne sont pas atteints, les concessions (avec la complicité des constructeurs) font ce que l'on appelle des immatriculations ou ventes tactiques. 

Comment ça marche ?

Pour gonfler artificiellement leur volume de ventes et prétendre toucher une prime sur objectif, la concession va immatriculer des véhicules alors qu'ils n'ont pas été commandés par les clients. C'est une pratique tout à fait légale mais qui, malheureusement, à plus long terme, peut avoir des répercussions sur la santé de l'industrie automobile. Les véhicules immatriculés de la sorte seront alors utilisés comme véhicule de démonstration par la concession, ou bien, ils rejoindront la flotte des loueurs courte durée (Sixt, Hertz, Avis etc.).

Le constructeur peut lui aussi immatriculer des véhicules en son nom. Il s'agit du troisième canal des immatriculations tactiques. Si le marché automobile ne se porte pas très bien, et si un constructeur tient absolument à faire bonne figure, il va alors utiliser ces trois canaux pour augmenter ses ventes.

Quelques exemples

En 2019, les ventes tactiques ont largement été utilisées par les constructeurs. Prenant l'exemple de Subaru. En 2019, le constructeur a écoulé 510 véhicules sur le marché français. Lorsque l'on regarde dans les détails, on aperçoit que sur ce volume total, seulement 115 véhicules ont été vendus à des particuliers ! Subaru a immatriculé 291 véhicules de démonstration et 95 véhicules à son nom, soit un total de 386 véhicules (plus de 75 % du total).

Le constructeur japonais n'est surtout pas à un cas isolé. Pour vous donner un second exemple, Jeep a immatriculé 11'541 véhicules. Cependant, seulement 3871 ont été réellement commandés par les clients. Pour le reste, 3632 véhicules sont partis chez les loueurs de courte durée et 1549 ont été immatriculés en tant que véhicule de démonstration.

Il est à noter que tous les véhicules immatriculés en tant que voiture de démonstration sont aussi à disposition des clients. Après quelques semaines, certaines d'entre elles sont revendues en tant que véhicule d'occasion à zéro kilomètre et à un prix nettement inférieur. 

 

Source: Journalauto