Un bond de 27,7 % par rapport à décembre 2018. Oui mais...

Nous voilà en 2020 et le nouveau barème du malus écologique est entré en vigueur. Celui-ci est nettement plus sévère que le précédent avec un seuil de déclenchement à 110 g/km (au lieu de 117 g/km) et un super-malus qui plafonne à 20'000 € au lieu de 12'500 €. Le malus frappe de plein fouet des modèles de toutes marques. Ceux qui payent le prix fort sont les sportives 'moyennes'. Par ailleurs, nous avons réalisé un diaporama (que nous vous invitons à découvrir) pour vous présenter les modèles les plus frappés par le super-malus écologique. La Nissan 370Z est malheureusement celle qui paye les pots cassés avec un malus de 20'000 euros soit 60 % de son prix d'achat. 

On aurait pu penser que les clients voulant acheter un véhicule neuf (et polluant) ont anticipé le durcissement du malus écologique. Ils se seraient empressés dans les concessions afin d’acheter leur véhicule avant le 1er janvier 2020. Résultat des courses, le mois dernier, les immatriculations ont augmenté de 27,7 % par rapport à décembre 2018 ! Mais ce n'est pas tellement le cas car si les ventes ont 'explosé', ce n'est pas grâce aux particuliers... En effet, pour écouler leur stock, les marques ont plusieurs tactiques. Ils peuvent immatriculer leurs modèles pour constituer leur stock de véhicules de démonstration, les immatriculer pour les besoins du constructeur, pour les loueurs, etc. Enfin, les concessionnaires ont légalement le droit d'immatriculer un certain nombre de voitures sans pour autant qu'elles soient vendues. 

Prenez par exemple le cas de Smart, sur l'ensemble de l'année 2019, on compte 10'494 immatriculations. Cependant, si l'on regarde de plus près, les immatriculations aux particuliers ne sont que de 2117. Smart a immatriculé plus de véhicules de démonstration, 5028 au total, et 1640 véhicules pour les loueurs (courte et longue durée). Les constructeurs ont donc plusieurs leviers pour augmenter artificiellement les immatriculations.

Cette 'hausse' est exceptionnelle, les constructeurs vont connaître une baisse drastique des immatriculations. Au printemps prochain, les ventes devraient reprendre de plus belles grâce à l'arrivée du nouveau barème basé cette fois sur le cycle d'homologation WLTP. Celui-ci est plus clément, et devrait permettre à quelques modèles de retrouver des couleurs après des mois de flagellation. 

Pour 'détourner' le malus et respecter des normes toujours plus sévères, les constructeurs passent à l'hybride. Prenez par exemple le cas de Peugeot qui présentera bientôt la 508 Sport Engineered forte de 400 ch (valeur d'estimation) mais qui n’émettra que 49 gCO2/km selon le cycle WLTP. Malgré sa puissance, elle échappera donc au malus avec brio.

Note : Le mois de décembre 2018 compte 20 jours ouvrés contre 21 jours pour le mois de décembre 2019. La hausse du mois de décembre 2019 est de 21,6 % en nombre de jours ouvrés comparables.

Source: CCFA, Journal Auto