Le gouvernement a déposé un amendement dans le projet de loi de finances pour 2020. Le nouveau malus maximal est fixé à 20 000 euros.

[Mise à jour] - Alors que dans sa précédente version le texte laissait entendre une augmentation du périmètre du bonus écologique, le gouvernement corrige le tire et précise que l'affectation des recettes ira bien aux sous-traitants français, comme l'avait annoncé Bruno Le Mais lors de la journée de la filière automobile.

Lors de la journée de la filière automobile, Bruno Le Maire avait évoqué le déplafonnement du malus écologique. C'est désormais officiel, dès le 1er janvier 2020, un nouveau barème va arriver et se greffer aux tableaux des malus déjà annoncés plus tôt cette année. Treize tranches supplémentaires seront ajoutées et créées à partir de 173 g/km de CO2 et jusqu'à 184 g/km, seuil maximal où il faudra débourser 20'000 euros au maximum contre 12'500 euros auparavant.

Comme vous n'êtes pas sans le savoir, il y aura deux barèmes en 2020. L'un basé sur les normes d'homologation NEDC 2.0 qui entrera en vigueur du 1er janvier au 29 février 2020. Par la suite, ce sera une nouvelle grille qui prendra le relais à partir du 1er mars 2020, basée sur la norme d'homologation WLTP. Celle-ci sera valable jusqu'à la fin de l'année.

Les treize nouvelles tranches pour le barème NEDC 2.0

COen g/km Malus
173 12'552 euros
174 13'109 euros
175 13'682 euros
176 14'273 euros
177 14'881 euros
178 15'506 euros
179 16'149 euros
180 16'810 euros
181 17'490 euros
182 18'188 euros
183 18'905 euros
184 19'641 euros
Supérieur à 184 20'000 euros

Les treize nouvelles tranches pour le barème WLTP

COen g/km Malus
201 12'552 euros
202 13'109 euros
203 13'682 euros
204 14'273 euros
205 14'881 euros
206 15'506 euros
207 16'149 euros
208 16'810 euros
209 17'490 euros
210 18'188 euros
211 18'905 euros
212 19'641 euros
Supérieur à 212 20'000 euros

Un déplafonnement, vraiment ?

Bruno Le Maire avait envisagé un déplafonnement. En réalité il s'agit d'un nouveau barème. Ces treize nouvelles tranches doivent servir initialement à alimenter deux fonds de soutien aux sous-traitants de l'automobile en France. Comme le révèlent nos confrères du Journal de l'Automobile, l'amendement en question ne fait aucunement référence à ces deux fonds. Toujours est-il que, toujours selon le Journal de l'Automobile, en se basant sur les ventes de voitures en 2019, seuls 17'000 modèles auraient été concernés par ce barème, puisque seulement 17'000 voitures ont été vendues en France avec des émissions supérieures à 173 g/km de CO2, soit 0,84 % des ventes totales dans l'Hexagone.

La mort annoncée de certains modèles ?

Certaines voitures devraient souffrir plus que d'autres de ce nouveau barème. Si les supercars les plus extrêmes verront encore leur facture s'alourdir, le malus ne devrait pas forcément refroidir leur propriétaire. En revanche, pour les sportives plus accessibles, c'est une autre histoire. Prenons l'exemple de la Renault Mégane IV R.S. de 280 chevaux en boîte manuelle. Rejetant 181 g/km de CO2, son malus au 1er janvier sera de 17'490 euros, soit 45 % du prix neuf (à partir de 38'300 euros). De ce fait, une Renault Mégane IV R.S. de 280 chevaux, en boîte manuelle, vous coûtera, au minimum, 55'790 euros à partir du 1er janvier prochain, et jusqu'au 29 février 2020. L'arrivée de la grille WLTP devrait toutefois adoucir un peu la facture.

Galerie: Essai Renault Mégane R.S. (2018)