Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a été clair lors de son audition à l'Assemblée nationale et annonce qu'il y aura bien un plan de relance, mais pas dans l'immédiat.

Après quasiment deux mois d'arrêt total, l'industrie automobile s'apprête à redémarrer progressivement. Cet arrêt ne sera pas sans conséquences, notamment avec le climat d'incertitude économique qui va s'installer et qui ne va pas forcément inciter les clients à consommer.

Pour minimiser au maximum l'impact de cette crise, le gouvernement va mettre en place un plan de relance de la demande pour trois secteurs : le tourisme, l'aéronautique, et l'automobile.

Le mercredi 29 avril 2020, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a été auditionné par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale et a justement évoqué ce plan de relance de la demande : 

"Après le temps du soutien à l'activité et de la reprise du travail, viendra celui de la relance économique. Mais ce moment impose que nous prenions un peu de temps. Dans une période de crise, il est bon de se poser, de réfléchir et de tracer des orientations politiques sur les modalités de cette relance. Ce sera également l'occasion de repenser le modèle économique français", a indiqué le ministre de l'Economie.

Du temps, le gouvernement va en prendre puisque Bruno Le Maire a indiqué qu'aucune proposition ne serait annoncée avant la rentrée de septembre. Des réflexions ont évidemment d'ores et déjà été entamées, notamment autour d'un plan de relance de la demande plus "vert", comme l'a déjà évoqué le ministre.

"Je ne vois pas de raison d’opposer ce soutien de la demande avec celui de l’investissement. Les deux sont complémentaires mais avec des calendriers différents qui nous permettront d’être efficaces. Les Français ont beaucoup épargné pendant cette période de confinement. En mars 2019, des dépôts de six milliards d’euros ont été enregistrés alors qu'en mars 2020, ce sont 20 milliards d’euros, soit trois fois plus, qui ont été comptabilisés. Ce risque de thésaurisation n’est pas bon pour l’économie française et cette épargne doit aller vers nos PME et toutes nos entreprises", a précisé Bruno Le Maire.

Pour le moment, aucune piste n'a été dévoilée concernant les mesures qui allaient être prises pour ce plan de relance. Malgré tout, pour appuyer ses propos concernant un plan de relance "vert", Bruno Le Maire a indiqué que le gouvernement souhaitait faire de l'Hexagone "la première économie décarbonée". Un plan qui pourrait aussi être réalisé en harmonie avec l'Europe, notamment sur des aspects tels que la relocalisation de la chaîne de production, notamment celle concernant la production des batteries pour l'automobile.

"Cette relocalisation ne pourra se faire sans des choix courageux et en étant compétitif et attractif d’un point de vue fiscal. Si nous rapatrions la fabrication de batterie en France ou en Allemagne, c’est parce que nous avons des productions de véhicules électriques sur nos territoire", a annoncé le ministre de l'Économie avant d'ajouter : 

"Rien ne serait pire que d'avoir la France qui prend certaines dispositions pour son plan de relance et l'Allemagne qui ne prendrait pas des dispositions similaires. Il faut que la relance soit, elle aussi, massive et que notamment l'Union européenne réponde présente et vienne soutenir les plans de relance nationaux".