La pénurie de puces pourrait coûter 180 milliards d'euros aux constructeurs
Une nouvelle étude concernant la pénurie de semi-conducteurs dans l'automobile annonce que la crise pourrait durer jusqu'en 2023.
La crise des semi-conducteurs bloque l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement automobile depuis près d'un an, et bien malin celui qui saura quand elle prendra fin. Elle cause d'énormes difficultés aux constructeurs et, par conséquent, aux concessionnaires, qui ne sont pas en mesure de répondre aux demandes des clients.
Une nouvelle étude donne les dimensions de cette crise pour le monde automobile : selon les données recueillies par Alixpartners, la crise pourrait entraîner des pertes totales de 210 milliards de dollars (soit environ 180 milliards d'euros) par an.
Des pertes pour les constructeurs
L'étude montre que la pénurie de semi-conducteurs n'est qu'une partie du problème. D'autres facteurs, tels que le prix élevé des matières premières, affectent également la production. L'acier et le plastique ont atteint des prix surréalistes, ce qui entraîne inévitablement une augmentation des coûts pour les marques.
Cela pourrait se traduire par la perte d'environ 7,7 millions de véhicules pour la seule année 2021. Ces chiffres sont pires que ceux de l'analyse précédente d'Alixpartners qui, en mai dernier, estimait les pertes à 110 milliards de dollars (environ 94 milliards d'euros) et à 3,9 millions de véhicules.
En effet, contrairement aux hypothèses (et aux espoirs) de certains constructeurs, il est peu probable que la crise prenne fin en 2021. À l'heure où nous écrivons ces lignes, il faut environ 21 semaines pour recevoir les semi-conducteurs commandés, un gouffre dans une industrie comme l'automobile, à tel point que plusieurs marques avancent leurs commandes, anticipant les demandes de 40 à 50 semaines.
Production et concessionnaires en difficulté
Les chaînes de production doivent s'adapter à la crise, et comme le révèle Automotive News Europe, Volkswagen va, par exemple, réduire la production de sa Golf en faisant fonctionner ses lignes seulement quatre jours par semaine. D'autres modèles comme le Touran, le Tiguan ou encore le Seat Tarraco ont vu leur production temporairement suspendue.
Les concessionnaires sont également concernés et pourraient voir leurs stocks restreints sur toute l'année 2022, voire même sur les premiers mois de l'année 2023. Les situations de certaines sociétés de location sont aussi préoccupantes, certaines prolongent même leurs contrats avec les entreprises, parce qu'elles ne peuvent pas garantir le renouvellement avec une voiture neuve dans l'absolu.
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