TotalEnergies a annoncé jeudi qu’il allait augmenter sa remise d’été de deux centimes, à 12 centimes d'euros par litre de carburant, qu'il appliquera dans sa centaine de stations-service autoroutières en France métropolitaine.

Alors que le gouvernement accentue la pression pour que les entreprises privées prennent une part de l'effort dans la lutte contre l'inflation, CMA CGM, l'un des leaders mondiaux du transport maritime, a annoncé de son côté une baisse de ses taux de fret pour les importations destinées aux enseignes de la grande distribution et aux territoires ultra-marins.

Une mesure qui concernera uniquement les stations-service situées sur les autoroutes

Selon TotalEnergies, la remise consentie jeudi "devrait toucher environ 17 millions de personnes" et s'ajoutera à la remise globale de 18 centimes d'euros par litre de carburant financée par l'État. Elle est destinée à "accompagner les départs en vacances en France cet été" et s'appliquera du vendredi 1er juillet jusqu'au 31 août, précise le groupe dans un communiqué.

La remise promise par le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, lors de l'assemblée générale du groupe le 25 mai, devait initialement être de "10 centimes par litre dans les 123 stations-services TotalEnergies situées sur les autoroutes de France".

Portée à 12 centimes par litre, cette mesure prendra le relais d'une précédente réduction de 10 centimes par litre de carburant qui a pris fin le 15 mai dernier. Lancée mi-février dans un peu plus d'un millier de stations-service TotalEnergies situées dans des zones rurales, elle avait été étendue le 1er avril à l'ensemble des 2200 stations-services du réseau.

Cette annonce de TotalEnergies intervient alors que le gouvernement pousse pour que les grandes entreprises qui engrangent des profits supplémentaires dans le contexte inflationniste lié à la guerre en Ukraine, même si elles n'en sont pas responsables, participent à l'effort collectif de protection du pouvoir d'achat des Français.

"Nous avons demandé des efforts à un certain nombre de grandes entreprises qui aujourd'hui bénéficient de ce pic inflationniste", a rappelé jeudi lors d'une conférence de presse le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, qui s'est entretenu à ce sujet avec plusieurs dirigeants de grandes entreprises concernées depuis le début de la semaine. "Le fardeau de l'inflation doit être partagé entre la puissance publique et les entreprises bénéficiaires de la hausse. L'État met beaucoup sur la table, je crois qu'on a atteint les limites", a-t-il ajouté.

Selon une source à Bercy, si l'hypothèse d'une taxe sur les bénéfices exceptionnels n'a pas la préférence du gouvernement, cette piste n'a pas été totalement écartée au cas où les entreprises concernées rechigneraient à prendre des mesures supplémentaires.

Si Bruno Le Maire a salué l'annonce de TotalEnergies, en disant préférer "que cet argent aille dans les poches des Français que dans les poches de l'État" par un surcroît de recettes fiscales, il a prévenu que "la réalité de la contribution des entreprises" ferait l'objet d'une évaluation a posteriori. "Nous ferons les comptes à la fin de l'année, nous verrons ce que les grandes entreprises ont mis sur la table pour protéger nos compatriotes contre l'inflation", a-t-il dit.

Un effort collectif

Le gouvernement, qui tente aussi d'inciter les banques et les assurances à participer à l'effort collectif, a aussi obtenu un geste de la part de CMA CGM, un des plus grands groupes de transport maritime au monde.

Le groupe basé à Marseille et contrôlé par la famille Saadé a annoncé une baisse de ses tarifs de fret de 500 euros par conteneur "pour toutes les importations de ses clients grandes enseignes de distribution en France" ainsi que pour "la totalité des importations vers les Outre-Mer".

"CMA CGM poursuit son engagement pour soutenir directement les ménages français après le gel des taux de fret et les mesures spécifiques pour les PME", indique le groupe dans un communiqué. (avec Reuters)