On se demande régulièrement quelles sont les "voitures de fonction" utilisées par nos dirigeants politiques et nos chefs d'État. Autrefois, la question était relativement simple : les véhicules des dirigeants du pays devaient être aussi grands, représentatifs et sûrs que possible. Et dès que possible, ils devaient aussi démontrer fièrement ce dont leur propre industrie automobile est capable.   

Mais l'opinion publique évolue et les hommes politiques sont de plus en plus souvent critiqués lorsqu'ils se présentent "au volant" de grosses berlines. Un parc automobile plus modeste et plus respectueux de l'environnement serait sans doute mieux accueilli par une partie de plus en plus importante de la population.

Notre liste ci-dessous montre que ce souhait est souvent difficilement compatible avec la réalité, ne serait-ce que pour des raisons de sécurité. Il existe toutefois des exceptions. Voici les voitures que conduisent les chefs d'État européens :

Emmanuel Macron (France) : DS 7 Crossback Élysée

DS 7 Crossback Élysée (2021)

Le président français Emmanuel Macron se distingue fortement de la plupart des autres chefs d'État par le choix de sa voiture de fonction. Il n'a pas de berline, mais un SUV compact. Et de surcroît en hybride rechargeable. Il s'agit du DS 7 Crossback Élysée.

Déjà lors de son investiture en 2017, Macron avait salué depuis une DS 7 transformée, qui est maintenant suivie d'une version spéciale rallongée. Dans cette nouvelle version, la DS 7 Crossback Élysée dispose d'un moteur hybride rechargeable de 300 ch avec transmission intégrale et d'une peinture bleu Encre métallisée.

Pour répondre aux exigences du Président de la République française, le DS 7 Crossback Élysée a été allongé de 20 centimètres derrière le montant B - l'habitacle peut ainsi être utilisé comme bureau mobile. La banquette arrière est remplacée par deux sièges individuels en cuir noir basalte avec accoudoirs.

Par rapport à un DS 7 Crossback E-Tense traditionnel, la longueur totale a été portée à 4,79 mètres ; l'empattement a été augmenté de 20 centimètres pour atteindre 2,94 mètres. La largeur reste identique avec 1,91 mètre, tout comme la hauteur avec 1,62 mètre.

Olaf Scholz (Allemagne) : Mercedes-Benz S 680 Guard

Mercedes S 680 Guard 4Matic (2021)

Alors qu'Angela Merkel faisait confiance à une Audi A8 W12 L Security, le nouveau chancelier allemand Olaf Scholz mise sur la protection d'une Classe S blindée. La dernière avec un douze cylindres, il faut le noter. Le V12 a une puissance de 450 kW (612 ch) et une cylindrée de 5980 cm3. Le couple maximal est de 830 Nm à partir de 2000 tr/min.

Avec la classe de protection VPAM VR10, la Mercedes S 680 Guard 4matic répond au niveau d'essai balistique le plus élevé pour les véhicules civils et est en outre particulièrement résistante aux charges explosives. Le blindage augmente massivement le poids, la rumeur parle de quatre tonnes. Il n'y a pas de détails à ce sujet afin de ne pas donner d'indices à d'éventuels agresseurs.

Le coffre de la Classe S blindée a une capacité de 390 litres, car le réfrigérateur (en option) à l'arrière se trouve dans l'accoudoir central. Derrière se trouve une cloison blindée. La Mercedes S 680 Guard est disponible en version quatre ou cinq places. Le prix de base est de 457 100 euros en Allemagne.

Pape François (Vatican) : différents véhicules

Papst Franziskus erhält einen Toyota Mirai als Papamobil
Papst Franziskus (Vatikan): Mercedes G 500

En tant que Papamobile, ce sont surtout deux véhicules blindés qui sont utilisés lors des manifestations sur la place Saint-Pierre : un Mercedes G 500 se trouve dans le parc automobile depuis 2007, un ML 500 depuis 2012. Mais sinon, avec François, une nouvelle modestie s'est installée dans le garage pontifical. 

La Volkswagen Phaeton utilisée initialement a été remplacée par une Ford Focus. Dernièrement, des versions spéciales transformées sur base de Dacia Duster et de Toyota Mirai (à hydrogène) ont également fait le job. Un service spécial de la Garde suisse contrôle régulièrement chaque voiture avant son utilisation.

Le roi Felipe VI (Espagne) : Rolls-Royce Phantom VI Cabriolet

König Felipe VI. (Spanien): Rolls-Royce Phantom VI Cabriolet

Lorsque nous parlons de sa majesté le roi Felipe VI, nous devons faire une distinction : entre les voitures qui sont la propriété de la Guardia Real Maintenance Unit et celles que le monarque utilise quotidiennement. C'est la Casa Real qui en est responsable.

Parmi les premières, on trouve d'innombrables véhicules historiques, dont certaines pièces uniques de constructeurs tels que Rolls-Royce ou Mercedes-Benz (provenant dans la plupart des cas de l'ancienne collection de Francisco Franco). Exemple avec le cabriolet Rolls-Royce Phantom VI qu'il a utilisé pour son couronnement en 2014. Son père, le roi Juan Carlos Ier, avait déjà fait de même en 1975.

En revanche, la Casa Real a de nombreux contrats et accords avec différents constructeurs comme Volvo, Mercedes-Benz, Audi ou Lexus. À l'occasion de son 50e anniversaire, on l'a vu dans une vidéo au volant d'une Audi RS 6, qu'il conduisait apparemment à titre privé à l'époque.

La reine Élisabeth II (Grande-Bretagne) : Bentley Arnage by Mulliner

Königin Elisabeth II. (Großbritannien): Bentley Arnage by Mulliner

Sa Majesté la reine Élisabeth II se promène dans ce qui est peut-être le plus célèbre exemple de voiture moderne construite à la main. La limousine d'État de la reine, fabriquée par le département spécialisé de Bentley, Mulliner, a été construite à l'occasion du 50e anniversaire de son accession au trône. Basée sur la Bentley Arnage, la State Limousine a une longueur de 6,22 mètres. Le toit modifié fait passer la limousine à 1,77 mètre. Cela permet à Sa Majesté d'entrer et de sortir pratiquement debout des portes qui s'ouvrent à 90 degrés vers l'arrière.

L'Arnage spéciale est utilisée pour des événements publics, surtout pour s'assurer que le plus grand nombre possible de personnes qui félicitent la reine ont la possibilité de la voir d'une manière aussi digne. Le mérite en revient également aux surfaces vitrées agrandies qui permettent de mieux voir à l'intérieur du véhicule. Bien entendu, l'Arnage sur-mesure est équipée d'un blindage et d'un verre pare-balles répondant aux normes les plus récentes.

Boris Johnson (Grande-Bretagne) : Jaguar XJ version longue

Theresa May (Großbritannien): Jaguar XJ Sentinel

BoJo utilise une version spéciale d'une Jaguar XJ Sentinel blindée. La Jaguar à empattement long est logée et entretenue au 10 Downing Street. Elle est équipée d'un V8 suralimenté de 5,0 litres et de 510 chevaux. On estime qu'elle a coûté jusqu'à 300 000 livres sterling.

En 2020, il a fait la une des journaux lorsqu'un manifestant s'est jeté devant la voiture, qui a dû ralentir fortement et a percuté l'arrière d'un des véhicules d'accompagnement Range Rover. Le Premier ministre controversé n'a pas été blessé.

La voiture dispose de diverses caractéristiques de sécurité telles qu'un plancher antidéflagrant de 13 mm d'épaisseur recouvert d'acier, un habitacle isolé par du kevlar et du titane, des fenêtres en polycarbonate pare-balles et des pneus à roulage à plat. Même des armes de riposte aux agresseurs se trouvent à bord. La XJ est capable de résister à une explosion de l'ordre de 15 kg de TNT. 

Sergio Mattarella (Italie) : Lancia Flaminia 335

Sergio Mattarella (Italien): Lancia Flaminia 335

En matière de classe et de prestige, difficile d'égaler le Président de la République Sergio Mattarella. En effet, le parc automobile du palais présidentiel di Quirinal est composé de plusieurs voitures uniques. Toutefois, celles dans lesquelles le président voyage habituellement sont la Maserati Quattroporte Blindata à empattement long et l'historique Lancia Flaminia 335 de 1958, qui l'accompagne généralement lors des défilés officiels.

En ce qui concerne la Lancia, basée sur la Flaminia Convertibile, un développement ultérieur de l'Aurelia B24, il s'agit de l'un des quatre exemplaires "spéciaux" produits sur commande par Pininfarina. Par rapport au modèle standard, il est considérablement plus long et plus lourd, grâce à l'ajout de portes arrière et au raidissement de la carrosserie. Sous le capot se trouve le V6 de 2,5 litres développant 120 ch.

Milos Zeman (République tchèque) : Skoda Superb

Skoda Superb des tschechischen Präsidenten

Les présidents tchécoslovaques et tchèques voyagent déjà depuis 1926 dans des véhicules Skoda. Depuis 2003, le président de la République tchèque est traditionnellement conduit dans la nouvelle édition de la Skoda Superb. Actuellement, la variante moderne de la grande berline en est à sa troisième génération. 

La voiture de fonction actuelle du président de la République tchèque, datant de 2019, est une Superb Laurin & Klement peinte en noir, équipée d'un moteur essence 2,0 TSI de 280 ch et d'une transmission intégrale. En avril 2022, le véhicule a rejoint la collection de voitures présidentielles du Musée national technique de Prague lors d'une cérémonie solennelle.