Les systèmes d'aide à la conduite partiellement automatisés peuvent certainement contribuer à prévenir des collisions, mais ils ne sont pas tout à fait prêts pour le grand rendez-vous. Une étude récente a analysé plus de 37 000 collisions de véhicules et a révélé que les humains sont moins susceptibles de perdre le contrôle dans les virages ou dans les situations de faible luminosité que les technologies automatisées.

L'étude, publiée récemment dans Nature Communications, a révélé que les véhicules utilisant des systèmes automatisés avaient cinq fois plus d'accidents au lever ou au coucher du soleil. Dans les virages, le ratio est deux fois plus élevé que pour les véhicules conduits par des humains. Environ 35 000 accidents impliquant des conducteurs humains et 2 100 avec des systèmes automatisés ont servi de base aux données.

En ce qui concerne les situations de faible luminosité, l'étude met en évidence les limites des caméras et des capteurs et leur incapacité à s'adapter aux conditions. Par exemple, les ombres du petit matin ou de la fin de journée peuvent être interprétées à tort comme des objets. Les fluctuations de la lumière peuvent également poser problème, en perturbant les algorithmes et en semant la confusion dans le système. D'autre part, les objets situés dans l'ombre peuvent ne pas être détectés du tout. C'est ce que confirment les essais de collision qui montrent régulièrement que les véhicules freinent tardivement ou ne s'arrêtent pas du tout face à des piétons ou des animaux factices.

En ce qui concerne les virages, la conscience de la situation est mentionnée comme un point problématique probable pour les systèmes automatisés actuels. Les capteurs et les caméras peuvent ne pas détecter tous les obstacles dans un endroit aussi dynamique qu'une intersection, mais cela ne s'arrête pas là. L'étude souligne que les systèmes actuels "voient" généralement la zone relativement proche du véhicule. Alors qu'un être humain pourrait voir un épais banc de brouillard à 800 mètres de distance et prendre des mesures de précaution, une voiture autonome continuerait tout simplement à rouler.

Il existe des preuves à l'appui de cette affirmation. Si l'on examine les mesures prises avant une collision, on constate que la plupart des véhicules sous contrôle autonome roulaient en ligne droite et à vitesse constante avant que les manœuvres d'urgence ne soient mises en œuvre. Les voitures conduites par des humains ont montré plus de cas de ralentissement et de changement de voie avant l'impact.

L'étude prend en compte une pléthore de variables pour parvenir à ces conclusions, mais le résultat est clair. Les systèmes d'aide à la conduite tels qu'ils existent actuellement ne sont que des aides. L'automatisation fonctionne bien en ligne droite, mais beaucoup plus de données doivent être recueillies et étudiées avant que la conduite de niveau 4, sans les mains ni les yeux, ne devienne une réalité.