Le groupe Renault annonce la mise en service d'un véhicule navette autonome de niveau 4. Le véhicule devrait être utilisé "rapidement" dans les transports en commun, des prototypes devraient déjà conduire des clients à travers Paris à partir de fin mai. En effet, le service de transport aura pour objectif de conduire des clients du Bois-de-Boulogne au stade de Roland-Garros et les ramener lors du tournoi de tennis qui aura lieu à partir du 20 mai.

Le groupe développe actuellement une "plateforme miniBus" à propulsion électrique sur la base du nouveau Renault Master. Celle-ci sera complétée par différentes solutions d'automatisation proposées par des spécialistes comme EasyMile ou Milla. WeRide, qui vient maintenant s'ajouter à ces partenaires, a déjà mis en service plus de 700 véhicules autonomes en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord, dont 300 minibus. Avec Renault, ses activités devraient s'étendre à l'Europe.

Autonomes Level-4-Shuttle von Renault

L'échelle internationale de la conduite autonome comprend six niveaux, de L0 à L5. La grande majorité des véhicules maîtrisent aujourd'hui la conduite en L2 et L2+. En font partie, outre le régulateur de distance (ACC) et l'assistant de maintien dans la voie, des fonctions avancées comme le changement de voie automatisé (par exemple dans la BMW i5). Malgré les assistants, la responsabilité incombe toujours à la personne au volant.

Dès le niveau suivant, le niveau 3, les exigences techniques sont nettement plus élevées, car le véhicule doit pouvoir rouler en toute sécurité même dans des situations de circulation complexes. Compte tenu des coûts, Renault prévoit tout au plus une faible demande pour les voitures de niveau 3. 

Autonomes Level-4-Shuttle von Renault

Le constructeur français estime que la situation est différente dans le secteur des transports publics. La demande annuelle devrait atteindre plusieurs milliers de minibus dans les années à venir, car rien qu'en Europe, plus de 400 grandes villes deviendront progressivement des zones à faibles émissions, selon Renault. 

Les minibus autonomes pourront alors constituer un complément flexible au métro, au tramway et au bus. Les coûts de l'automatisation devraient être compensés par la suppression du personnel de conduite. Les navettes Renault devraient atteindre le niveau d'autonomie 4. Dans ce cadre, les véhicules peuvent se déplacer de manière autonome dans une zone définie avec une surveillance à distance, sans conducteur à bord. Il est prévu de "proposer une gamme de minibus autonomes à faible émission de carbone avant la fin de la décennie", a déclaré Gilles Le Borgne, directeur du développement de Renault.

Afin de trouver la meilleure solution pour les transports publics autonomes, le groupe mène des essais depuis des années. Le projet Mach 2, annoncé en 2023, en fait partie. Il devrait aboutir en 2026 à une flotte de minibus électriques automatisés. Ceux-ci doivent être intégrés dans le réseau de transports publics de Châteauroux.

Contrairement à de nombreux constructeurs, Renault ne voit pas de perspectives pour les voitures autonomes. Plutôt que de miser sur des robotaxis de type voiture particulière, comme Tesla ou Hyundai avec sa Ioniq 5, le constructeur français mise exclusivement sur des navettes destinées à compléter les transports en commun. Celles-ci pourraient être utilisées chaque fois que le nombre de personnes à transporter est si faible qu'un bus urbain ne vaut pas la peine, par exemple la nuit ou en périphérie des villes.  

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