Le petit moteur trois cylindres essence de 130 chevaux est-il la meilleure alternative pour la Peugeot 308 SW ?

Véritable succès commercial depuis son lancement en 2013, la Peugeot 308 de seconde génération a évolué l'année passée en s'offrant quelques mises à jour bienvenues pour rester au niveau de ses principales concurrentes, les Renault Mégane et Volkswagen Golf en tête de liste. Si la 308 est aujourd'hui la quatrième meilleure vente du constructeur sochalien derrière le trio 208 / 2008 /3008, sa version break est tout simplement la plus vendue du marché tricolore. Peugeot n'a donc certainement pas intérêt à délaisser la version SW de sa compacte au profit des SUV.

Comme la compacte, le break évolue tout en douceur avec de petits ajustements esthétiques perceptibles, mais loin de complètement modifier la signature visuelle du modèle. On remarque avant tout l'apparition d'une nouvelle calandre verticale avec le Lion qui vient se positionner en son centre. Cette calandre était autrefois réservée aux versions GT et GT Line. Celle-ci s'est maintenant démocratisée sur toute la gamme. Le pare-chocs avant est également revu et intègre de nouveaux antibrouillards et des clignotants à LED à défilement. À l'arrière, aucun changement n'est à signaler.

Essai Peugeot 308 SW 2018

Habitabilité toujours au rendez-vous

À l'intérieur, les changements sont peu perceptibles par rapport à la première phase. On remarque simplement que le sélecteur de la boîte de vitesses automatique a changé et intègre désormais une plus petite commande empruntée à la Peugeot 3008. Une fois le contact enclenché, on commence à manipuler l'écran tactile de 9,7 pouces qui trône au milieu de la console centrale, et on remarque rapidement que celui-ci est un peu plus réactif qu'auparavant grâce à la technologie capacitive. Ce n'est toujours pas un modèle de fluidité mais c'est déjà mieux. Celui-ci est maintenant aussi compatible avec Android Auto et Apple CarPlay. Dommage qu'il soit impossible d'enlever définitivement Apple CarPlay une fois votre smartphone simplement branché pour une recharge. L'application reprendra toujours le dessus, notamment si vous utilisez votre téléphone avec Waze, où chaque signalement sonore reprendra le dessus et coupera systématique la radio si vous étiez en train de l'écouter. Le meilleur moyen restant encore de couper les alertes de l'application.

Essai Peugeot 308 SW 2018
Essai Peugeot 308 SW 2018

L'i-Cockpit est toujours de la partie et se fera des adeptes comme des détracteurs. On apprécie notamment son petit volant et son combiné d'instrumentation placé en hauteur. On aime en revanche un peu moins le fait qu'une moitié du volant vienne obstruer une partie des compteurs et notamment le petit écran central qui retransmet la vitesse, la consommation, etc. On aurait aussi aimé retrouver une instrumentation 100 % digitale comme le proposent les Volkswagen Golf et les SEAT Leon. Peugeot est en plus de ça bien équipé de cette technologie inaugurée sur la 3008. Dommage.

L'espace à l'arrière et le volume du coffre restent bien évidemment identiques à la première phase. Tant mieux car la Peugeot 308 SW excellait déjà à ce niveau. Avec onze centimètres d'empattement gagnés par rapport à la version compacte, cela profite évidemment à l'espace aux jambes pour les passagers à l'arrière. Les 34 centimètres de différence en longueur (la version SW culmine à 4,59 mètres) permettent un joli volume de coffre pouvant aller de 610 à 1660 litres une fois les sièges arrière rabattus. De plus, le coffre ne souffre d'aucun renflement et s'avère très facile à ranger et à charger grâce à un seuil de chargement relativement bas.

Essai Peugeot 308 SW 2018
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Nouvelle boîte de vitesses, mais encore ?

Avec l'arrivée de ce restylage, Peugeot en a profité pour équiper sa nouvelle 308 d'une boîte de vitesses automatique à huit rapports. Il s'agit ni plus ni moins d'une évolution de l'EAT6, une boîte automatique à convertisseur qui permet des passages de rapports doux et assez rapides. Couplée à un moteur essence trois cylindres PureTech 1,2 litre de 130 chevaux et 230 Nm de couple, notre Peugeot 308 SW d'essai devrait rapidement se placer comme l'une des meilleures ventes de la gamme au vu de l'amour naissant des français pour la boîte automatique et, a contrario, du désamour concernant les moteurs diesel.

Dans les faits, ce petit moteur fait toujours preuve de souplesse même si l'agrément n'est pas aussi optimal qu'un quatre cylindres. Ce dernier manque un peu d'allonge même s'il s'avère toutefois assez vif à bas régime. De plus, nous n'avons pas noté de vibrations désagréables habituellement ressenties sur ce genre de bloc. La boîte automatique à huit rapports fait globalement le job, même si elle aura tendance à avoir quelques hésitations entre le septième et le huitième rapports à 130 km/h, notamment sur du faux plat. Elle s'avèrera aussi un peu rustre à bas régime et au démarrage avec quelques à-coups si nous avons tendance à mal doser l'accélérateur. Globalement cela reste une bonne boîte, pratiquement au niveau d'une boîte à double embrayage DSG de chez Volkswagen et au-dessus de l'EDC de chez Renault. Le système Start & Stop aurait aussi mérité d'être mieux travaillé avec, pour le coup, beaucoup de vibrations une fois que le moteur se remet en marche. De notre côté, nous avons purement et simplement décidé de désactiver le système.

Essai Peugeot 308 SW 2018
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En termes de châssis, Peugeot excelle toujours avec un toucher de route toujours optimal conférant ainsi à la voiture une agilité et une tenue de route impressionnante. Le mieux reste toutefois que le dynamisme affiché par la Peugeot 308 SW n'altère en rien le bon confort général de l'auto. Les commandes sont en plus de ça précises et le surplus apporté par la carrosserie break ne se fait absolument pas ressentir. De ce côté, la Peugeot 308 SW est la meilleure de sa catégorie. Son poids contenu de seulement 1204 kilos y joue pour beaucoup également.

Consommations contenues ?

En termes de consommations, si Peugeot promettait une baisse des consommations et des émissions de CO2 de l'ordre de 7 % à la sortie de l'EAT8 par rapport à l'EAT6, le nouveau cycle d'homologation WLTP est passé par là. Peugeot annonce 5,2 l/100 km en consommation mixte et des rejets de 117 g/km de CO2. Étonnement, c'est plus élevé que les chiffres officiels de l'EAT6 qui revendiquait 4,9 l/100 km en consommation mixte et 112 g/km de CO2. Cela s'explique tout simplement parce que l'EAT6 a été homologuée sous la norme NEDC qui était alors en vigueur à sa sortie. Pour rappel, la nouvelle norme WLTP occasionne des tests plus poussés et davantage en adéquation avec les conditions réelles d'utilisation.

Essai Peugeot 308 SW 2018
Essai Peugeot 308 SW 2018
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Dans tous les cas, nos consommations relevées lors de notre essai sont assez éloignées de toutes ces données officielles. Sans adopter une conduite dynamique, nous avons terminé notre essai avec une consommation moyenne de l'ordre de 7,6 l/100 km. Certes notre parcours fût essentiellement urbain, mais c'est tout de même 1,4 litre au dessus de la consommation urbaine officielle annoncée (6,2 l/100 km). Cela s'explique essentiellement par le manque d'agrément du moteur qui aura besoin d'être davantage cravaché pour monter dans les tours donc, au final, quasiment plus consommer qu'un quatre cylindres. L'avantage du trois cylindres reste toujours ses émissions de CO2 contenues à l'heure où les nouvelles mesures sont de plus en plus strictes.

Prix et équipements

Notre version d'essai, équipée de la finition Allure (soit le quatrième niveau juste avant le haut de gamme GT Line), bénéficie d'un équipement de série plutôt complet. Avant d'aller cocher quelques cases dans la liste des options, la version Allure offre de série les projecteurs antibrouillards, l'accès et le démarrage mains libres, l'allumage automatique des feux, la climatisation automatique bi-zone, les vitres arrière surteintées, les jantes en alliage de 16 pouces, le Mirror Screen ou encore la navigation 3D. Avec le moteur trois cylindres 1,2 litre PureTech de 130 chevaux, la Peugeot 308 SW Allure s'échange contre 29'250 euros. Il faudra compter 31'150 euros pour notre version d'essai équipée de quelques options supplémentaires dont la peinture métallisée (650 euros), le Pack Drive Assist (700 euros) qui intègre le freinage automatique d'urgence, le régulateur de vitesse adaptatif et l'alerte en cas de collision imminente, ou encore le pack comprenant le système de surveillance des angles morts et le Park Assist (550 euros).

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À niveau de finition équivalent, il faudra compter 2500 euros de plus pour une Peugeot 308 SW équipée du moteur diesel de 130 chevaux et de la boîte automatique. Un écart assez conséquent qui va être compliqué à amortir, notamment depuis que le prix à la pompe entre l'essence et le diesel s'est rejoint. Vous l'aurez compris, la Peugeot 308 SW avec son moteur essence de 130 chevaux est une très bonne proposition dans la catégorie avec un lot d'équipements largement au goût du jour, hormis peut-être au niveau de l'instrumentation qui aurait mérité d'être 100 % digitale pour venir faire de l'ombre à la Volkswagen Golf VII restylée.

 
Points positifs Points négatifs
Confort À-coups de la boîte à bas régime
Habitabilité Pas d'instrumentation digitale
Toucher de route inégalable                           Système d'info-divertissement encore perfectible

Peugeot 308 SW Allure

Motorisation Essence PureTech, 3 cylindres en ligne, 1199 cm³, injection directe
Puissance 130 chevaux / 230 Nm
Transmission Boîte automatique à huit rapports - EAT8
Type de transmission Traction
0-100 km/h 10,2 secondes
Poids 1206 kg
Volume de coffre 610 à 1660 litres
Places 5
Economie de carburant Urbain : 6,2 l/100 km / Extra-urbain : 4,6 l/100 km / Mixte : 5,2 l/100 km
En vente 2017
Prix de base 21'600 €
Prix de la version testée 31'150 €

Gallery: Essai Peugeot 308 SW - 1.2 PureTech 130 ch