Motor1.com, à l'occasion de l'ouverture de la Porsche Carrera Cup, vous présente cette compétition.

G.N., Spa-Francorchamps - Les moteurs se sont tus pour cette première journée d'essais, du moins en Porsche Carrera Cup. Un jeudi un peu spécial pour les rookies de la Porsche Carrera Cup, ces jeunes talents, à l'image d'Antoine Jung (19 ans), Enzo Samon (16 ans), Valentin Hasse-Clot (21 ans) ou encore Lucile Cypriano. Tous faisaient leurs débuts dans la Carrera Cup française à Spa-Francorchamps.

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Pas des conditions forcément simples, la pluie d'une part, et le circuit, de l'autre, avec son impressionnant Raidillon, comme un mur à escalader avec sa Porsche. Pourtant, l'un d'eux a surpris son monde, avec le meilleur temps dès la première séance, Antoine Jung. L'Alsacien, en dépit de l'humidité, a vite monté les pneus secs. "Je ne m'attendais vraiment pas à finir devant", sourit-il. "C'étaient des conditions compliquées, séchantes, et j'ai décidé au bon moment de monter les slicks." Un bon coup qui ne le fait pas s'enflammer pour autant. Lui comme tous les rookies le savent, l'apprentissage est long. Leurs débuts ont souvent été l'occasion d'aiguiser leur patience.

 

Une carrière de pilote commence souvent par du karting, puis par la monoplace. Ensuite vient un problème, celui du sponsoring. La monoplace mène à la F1, et demande de sacrés budgets, pour peu de places disponibles. À 21 ans, Valentin Hasse-Clot a d'abord suivi cette voie : "J'ai fait trois ans de monoplace", explique le pilote du Sébastien Loeb Racing. "Ce sont de trop gros budgets, et je veux être pro. J'ai tenté la filière Porsche, qui ouvre vers l'Endurance notamment. Je ne voulais pas le faire en tant que pilote lambda et j'ai tenté les sélections de la marque. Je les ai remportées, maintenant je vais essayer de gravir la pyramide qu'est cette filière Porsche."

Plusieurs jeunes s'y sont essayés avec réussite. En leur temps, des pilotes comme Patrick Pilet, Frédéric Makowiecki, Kevin Estre ou Côme Lédogar ont su lancer leur carrière chez les pro via la Cup.

"Je me crée l'opportunité du GT avec le proto, et je l'apprends avec la Porsche."

Antoine Jung

Lucile Cypriano, qui arrive de la formule Production, comme le TCR, découvre aussi ces GT. La jeune pilote n'hésite pas à le souligner : "Je pense que c'est un très bon tremplin. Quand on veut faire de la GT et de l'Endurance, c'est un très bon tremplin pour le futur." Même avis pour Antoine Jung, d'autant que l'Alsacien pilote aussi en Championnat d'Europe d'Endurance, avec Yvan Muller Racing. Dans son double programme, "la Porsche c'est important", explique-t-il. "Je me crée l'opportunité du GT avec le proto, et je l'apprends avec la Porsche."

D'autant que la firme de Zuffenhausen est un acteur incontournable : "C'est un tremplin, c'est une filière qui suit avec la marque Porsche", poursuit l'Alsacien. "On accède au groupe Volkswagen, au Lamborghini Trofeo, aux autres marques. Porsche fait ce championnat en l'associant à une filière qui est bien faite, avec le Junior Programme, qui nous permet de nous faire remarquer. Quand on accède à Porsche, on accède à tout le reste. On l'a vu avec Estre."

Porsche Carrera Cup 2017 - Spa Francorchamps
Porsche Carrera Cup 2017 - Spa Francorchamps
Porsche Carrera Cup 2017 - Spa Francorchamps

Emeric Tougeron, chef de produit Motorsport chez Porsche France, explique également le succès de la série auprès des jeunes pilotes : "Auparavant, on avait beaucoup de jeunes pilotes qui arrivaient de Formule Renault 3.5 ou du GP2 (les catégories pour accéder à la F1) en sachant qu'ils ne pouvaient aller plus loin. Là, dès les formules de promotion, certains s'intéressent à la Carrera Cup." Le championnat Carrera Cup se veut cependant un tremplin, sorte de réservoir de talents pour Porsche Motorsport.

La marque s'est d'ailleurs adaptée à cette idée de filière : "Nous avons mis en place les journées de sélection au Paul-Ricard. L'idée est de trouver un espoir. On ne juge pas seulement sur la vitesse de pointe. Également sur la progression, les capacités marketing, et surtout, l'endurance. Nous sommes une marque d'Endurance, et nous voulons que nos pilotes sachent piloter longtemps." Et bien représenter Porsche, en somme.

Dompter la bête

Néanmoins, avant d'espérer plus, il faut prendre en main la 911, qui n'est pas une voiture facile : "Elle est très particulière à conduire. Il faut dompter la bête. On a tendance à avoir du sous-virage, on a beaucoup de poids sur l'arrière. Pour réaccélérer correctement, il faut avoir les roues droites. On utilise beaucoup les freins, l'accélérateur pour faire tourner la voiture." La pilote de 20 ans peut comparer avec son expérience en Tourisme : "C'est très particulier, j'ai roulé avec des tractions auparavant. Là, c'est un autre monde. Une excellente expérience où l'on doit minimiser les défauts de la voiture, et en maximiser les qualités."

 

Antoine Jung valide : "C'est une voiture qui est compliquée à comprendre. Il faut savoir prendre le temps, pas vouloir en faire trop. Il y a un freinage qui est puissant, mais hyper compliqué à sortir. Chose typique aussi des Porsche, le sac à dos qu'on a derrière. Au freinage, elle est bien calée, mais l'avant devient plus léger, et il faut faire attention à ne pas bloquer."

Une analyse partagée par Valentin Hasse-Clot : "La Porsche, elle est compliquée, les roues bloquent facilement, il faut garder les freins. En monoplace  on a la tête à l'air, dans la Cup, il ne faut pas être claustrophobe. C'est beaucoup d'apprentissage. On dit souvent que quand on va vite dans la Porsche Cup, on va vite partout. Espérons que le dicton se vérifie." De celui qui en prouvera le bien-fondé, sortira peut-être la prochaine star de l'Endurance.

Porsche Carrera Cup 2017 - Spa Francorchamps

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