L'événement est toujours rare et empli d'une certaine émotion : une 57 Atlantic sera exposée à Chantilly.

"Voir une Atlantic et puis mourir." Si les Napolitains utilisaient une expression similaire pour dire combien leur ville était belle, on pourrait en faire autant pour la Bugatti 57S Atlantic. Sortie en 1936, la 57S surprend par son dessin, profondément original et élégant. Il est l'oeuvre de Joseph Walter et Jean Bugatti, dit "Monsieur Jean". Présentée en 1935, l'Aérolithe préfigure ce que seront les Atlantic, un an plus tard. 

1935 - Bugatti Aérolithe
1935 - Bugatti Aérolithe

Le premier châssis à recevoir cette carrosserie sera la #57.374/S. La voiture qui sera exposée ce 9 septembre à Chantilly. Livrée à Nathaniel Mayer Victor Rotschild le 2 septembre 1936, elle reçoit une teinte gris métallisé et un intérieur en cuir bleu. Côté dessin, par rapport à l'Aerolithe, elle reçoit une calandre qui se termine en V, un faîte de capot abaissé, des phares ancrés plus bas, des ouies à la base du pare-brise, et des fentes en-dessus des portières. 

1936 - Bugatti Atlantic

L'auto sera transformée en version compresseur (SC) en 1939, avant de partir vers les États-Unis, cette fois-ci peinte en rouge, équipée d'un pare-chocs et de phares carénés. Elle sera possession d'un certain Robert R. Oliver qui la prêtera régulièrement à Briggs Cunnigham, qui l'exposera dans son musée. En 1971, elle est mise en vente aux enchères par Sotheby's. Peter Williamson s'en portera acquéreur et la fera restaurer dans son état d'origine. La voiture est redécouverte en 2003, à l'occasion du concours d'élégance de Pebble Beach, où elle fera sensation. 

Vendue en 2009 entre 30 et 40 millions d'euros, elle sera exposée ce dimanche 9 septembre à Chantilly. Une voiture à ne manquer sous aucun prétexte. 

1936 - Bugatti Atlantic et Aérolithe