Le patron de PSA donne son point de vue sans langue de bois.

Aujourd'hui, la quasi-totalité des constructeurs mise sur la motorisation électrique ou tout du moins électrifiée. Certains le font par choix (comme Tesla), d'autres sous la contrainte, simplement pour s'adapter à la sévérité grandissante des pouvoirs publics. Si l'on en croit les propos de Carlos Tavares, PSA appartient plutôt à la seconde catégorie.

Dans une interview accordée à Journalauto, le patron du groupe français est revenu sur la politique environnementale actuelle, ses conséquences et ses incohérences. Sans langue de bois. "Nous avons un niveau de contradiction qui entoure l’industrie automobile qui devient juste au-delà de ce que nos sociétés occidentales peuvent accepter et c’est important de le comprendre. Il y a tout un tas d’incohérences dans nos sociétés. L’industrie s’adapte, en tout cas, pour ceux qui sont agiles tandis que les autres se feront laminer" a-t-il expliqué. "Quand on dit qu'il y a un effondrement du mix Diesel, vous ne pouvez pas imaginer à quelle vitesse les salariés sont obligés de courir".

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À propos de l'électrique, il ajoute : "Si vous dites aux salariés de l’automobile : votre industrie doit être totalement électrifiée. Très bien, les objectifs sont fixés dans le temps. Mais en même temps, les clients ne viendront pas acheter vos voitures électriques car ils ne pourront pas les recharger, qu’est-ce que cela veut dire ? Est-ce acceptable d’un point de vue social, sociétal ? Evidemment, la réponse est non. Le niveau de contradictions et de chaos dans lequel nous vivons devient limite pour un certain nombre d’entreprises".

Le patron de PSA en a remis une couche auprès d'un journaliste anglais. "Il y a tellement plus à considérer que le simple fait de vendre des voitures électrifiées ; de la création de la batterie au recyclage de celle-ci, des métaux rares utilisés aux techniques d'extraction, mais aussi ce que cela représente en matière fiscalité, le coût total de possession, les infrastructure et d'autres choses encore. Si vous voulez de l'énergie propre, vous devez vous demander comment vous produisez cette énergie", a-t-il déclaré, déplorant le manque de clairvoyance de certains. 

En plus des questions d'ordre écologique, la motorisation électrique amène aussi son lot d'interrogations économiques, voire même géopolitiques. Elle serait une aubaine pour la Chine, qui produit une part extrêmement importante des métaux rares dans le monde, et au contraire un poids pour l'industrie occidentale qui développerait une forme de dépendance vis-à-vis d'une grande puissance rivale.

Sources : Journalauto, Autocar

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