C'est la deuxième année consécutive que les émissions augmentent.

Alors que les constructeurs automobiles européens doivent s'aligner impérativement sur des réductions d'émissions de CO2 pour 2020, imposées par l'Union Européenne, il semblerait qu'on soit encore loin du compte. En effet, une étude pointe du doigt des émissions de CO2 qui augmentent pour la seconde année d'affilée en Europe. Publiée par l'Agence Européenne pour l’Environnement (EEA), elle met en avant une hausse de 1,6 % en 2018 par rapport à l'année précédente, 2017. Ces émissions de CO2 sont calculées ici sur les voitures neuves vendues durant l'année en question. Et avec une moyenne de 120,4 g/km de CO2, on est encore très loin des 95 k/km de CO2 demandés pour 2020 !

À titre de comparaison, les émissions de CO2 rejetées par l'industrie automobile avaient baissé entre 2010 et 2016, année durant laquelle elles avaient atteint leur point le plus bas, à 115 g/km de CO2.

Dans l'étude rendue par l'Agence Européenne pour l'Environnement, plusieurs raisons expliquent cette nouvelle hausse des émissions de CO2. À commencer par la baisse des ventes de véhicules diesels. 60 % des immatriculations pour les véhicules essence contre 36 % pour les véhicules diesel. Pointés du doigt pour leurs particules fines, ils rejettent en effet moins de CO2 que les véhicules essence. À puissance équivalente, le différentiel est de 15 à 20 %. De plus, nombre de villes européennes ont annoncé l'interdiction des véhicules diesels dans les années à venir. Les acheteurs se tournent donc plus naturellement vers l'achat de véhicules essence. Les émissions de CO2 augmentent de manière logique.

L'EEA pointe également du doigt le gabarit des véhicules qui a tendance à augmenter. On parle notamment ici de l'engouement pour les SUV, souvent plus lourds que leurs équivalents berline, surélevés et donc de fait moins aérodynamiques, et donc qui consomment davantage. On parle d'émissions 13 % plus fortes sur les SUV que sur leurs équivalents berline, avec une moyenne à 133 g/km  de CO2. Comme on estime que leur part de marché est désormais autour des 30 à 40 %, cela se ressent dans le niveau de CO2.

Et il en est de même pour les véhicules utilitaires légers, eux aussi plus imposants qu'avant, plus nombreux également, et enfin de plus en plus choisis en essence plutôt qu'en diesel. 

Quant au fait que les parts de véhicules hybrides ne cessent de progresser d'année en année, elles restent encore trop faibles, 2,3 % du marché en 2018, pour contrebalancer cette hausse avec des niveaux d'émissions inférieurs.