Les chiffres d'un analyste le laissent penser !

Et si ce qui se profile comme la plus grosse fusion de l'année entre PSA et FCA était plutôt une prise de contrôle déguisée ? C'est ce que sous-entend Bloomberg après avoir analysé les chiffres de la vente, mais surtout ceux de la bourse, dans les heures qui ont suivi l'annonce d'un plan de fusion à 50/50 dévoilé cette semaine. Le fait que le partage se fasse de manière si équitable, notamment au niveau de l'attribution des rôles au Conseil d'administration, mais aussi sur le paiement de certains dividendes, ne laisse que peu de place au doute selon la même source.

Dans les heures qui ont suivi l'annonce, les actions de Fiat Chrysler Automobiles ont augmenté de 10 %, tandis que celle du groupe français, propriétaire de Peugeot et Citroën, ont fait l'inverse et plongé de manière équivalente. Ces deux sorts différents sont habituellement ceux réservés respectivement à une entreprise rachetée et à un acquéreur, laissant penser que PSA est en train d'acheter le contrôle de FCA.

Une idée qui se confirme avec les chiffres, puisque les prises de participations respectives, en se basant sur le calcul de la valeur boursière de chacun des groupes, font apparaître un bonus de près de 5 milliards d'euros pour les actionnaires de Fiat. L'analyste Philippe Houchois détaille ces chiffres : "Un fusion à 50/50 suggère que PSA paie un surplus de 32 % pour prendre le contrôle de FCA. Les actionnaires de PSA prennent un plus gros risque sur le marché."

Avant l'annonce du plan, la valeur de PSA sur les marchés était de 22,6 milliards d'euros. Avant la fusion avec FCA, presque trois milliards d'euros seront retirés de cette valeur, équivalent à la participation dans Faurecia SE, ce qui laissera une valeur nette de 19,6 milliards au moment de faire les comptes. Du côté de Fiat Chrylser, cette valeur sera d'environ 14,7 milliards d'euros, ce qui fait donc, pour une fusion à 50 %, un "sur-paiement" de presque 5 milliards d'euros pour le groupe français, avec une participation équivalente sur le plan financier, dans la nouvelle entité qui sera basée aux Pays-Bas.

Malgré une valeur plus importante de PSA face à FCA, l'arrivée à 50 % chacun dans la nouvelle société mère basée aux Pays-Bas laisse donc entendre que PSA a souhaité investir davantage que son nouvel allié, en laissant un plus gros pourcentage de contrôle à Fiat, en rapport avec la valeur du groupe italo-américain. Si l'on ne sait pas encore pourquoi le groupe français a concédé cela, on peut se douter que les négociations vont bon train en coulisses, et que PSA attendra une contrepartie, qui pourrait être supérieure au simple fait d'avoir négocié la place de PDG de cette entité pour son actuel président, Carlos Tavares.