Ces discussions, révélées par le Wall Street Journal, ont été confirmées par les deux constructeurs.

Après l'échec en juin dernier du mariage entre le groupe FCA et l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, l'entreprise italo-américain est toujours à la recherche d'un grand groupe afin de créer un géant de l'industrie automobile. Et c'est aujourd'hui le groupe PSA qui serait en discussion avec FCA comme le révèlent nos confrères du Wall Street Journal. L'information a été confirmée dans la foulée par les deux protagonistes en question.

"Suite aux récentes informations presse sur le possible rapprochement de Groupe PSA et FCA Group, Groupe PSA confirme que des discussions sont en cours en vue de créer l’un des principaux groupes automobiles mondiaux", a déclaré le constructeur français dans un communiqué. Du côté de chez FCA, c'est tout aussi concis avec un communiqué de quelques lignes seulement : "Suite aux récentes informations concernant une possible opération stratégique entre le groupe PSA et le groupe FCA, Fiat Chrysler Automobiles confirme que sont en cours des discussions visant à créer un groupe parmi les leaders mondiaux de la mobilité", avant de préciser qu'il n'y avait "rien d’autre à ajouter pour le moment".

Numéro quatre mondial ?

Si cette fusion venait à se confirmer, l'opération pourrait donner naissance à un géant de l'industrie automobile, à savoir le numéro quatre mondial derrière le groupe Volkswagen, l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota. Du côté des chiffres, cela voudrait dire que cela donnerait un volume de 8,7 millions de voitures vendues à travers le monde sous les marques Peugeot, Citroën, DS, Opel, Vauxhall, Fiat, Alfa Romeo, Maserati, Lancia, Chrysler, Jeep et Dodge RAM, une capitalisation boursière d'environ 45 milliards d'euros (PSA est valorisé à 22,55 milliards d'euros à la Bourse de Paris et FCA à 18,42 milliards à la Bourse de Milan) et un chiffre d'affaires combiné de 184 milliards d'euros.

Des discussions entamées dès le mois d'aout dernier ?

Selon d'autres informations venant de nos confrères du Figaro, John Elkann avait déjà entamé des discussions dans la seconde quinzaine d’août, avec Louis Gallois et Carlos Tavares, respectivement président du conseil de surveillance et PDG du groupe PSA. Celles-ci n'auraient pas abouti en raison du montant jugé trop élevé de l'opération d'après John Elkann. Ce dernier serait revenu sur la table des négociations il y a quelques jours en estimant qu'un mariage avec PSA serait plus facile à concrétiser, malgré le fait qu'une alliance avec Renault serait bien plus créatrice de valeurs. Les temps étant assez troubles pour Renault, une fusion avec FCA serait un nouveau cas compliqué à gérer dans l'absolu, d'autant plus qu'il est aujourd'hui nécessaire de remettre un peu d'ordre au sein de l'Alliance.

Carlos Tavares en tant que grand manitou ?

Toujours selon le Wall Street Journal, Carlos Tavares, le PDG du groupe PSA, dirigerait la nouvelle entité tandis que John Elkann, le président non exécutif de FCA et chef de la famille Agnelli, qui contrôle le constructeur italo-américain, conserverait ses fonctions au sein du nouvel ensemble. Les motivations peuvent être diverses et variées, mais pour FCA la fusion avec un autre acteur de l'industrie automobile paraît aujourd'hui indispensable, notamment pour répondre aux enjeux à venir et amorcer la transition énergétique souhaitée par le législateur, sous peine de s'exposer à des amendes vertigineuses. Une transition qui doit s'amorcer via l'arrivée de véhicules électrifiés, et on ne peut pas vraiment dire que le groupe FCA soit en avance à ce sujet contrairement au groupe PSA qui a déjà débuté son offensive.