Une obligation contractuelle avec les concessionnaires autoroutiers !

L'autoroute est de plus en plus chère chaque année. Et 2020 ne devrait malheureusement pas faire exception à la règle, comme l'a annoncé Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d'État en charge des Transports. Selon lui, l'augmentation des prix devrait être comprise entre 1 et 1,5 % et devrait intervenir, comme cette année, le 1er février. Il justifie cela par un accord entre les concessionnaires et le gouvernement, signé depuis de nombreuses années, qui permet aux sociétés d'exploitation du réseau de se calquer sur les taux d'inflation.

"Les contrats prévoient des augmentations chaque année en fonction du niveau de l’inflation et d’autres paramètres. Chaque année l’État respecte ce contrat", a expliqué Jean-Baptiste Djebbari sur RTL. "Je ne peux que le déplorer en tant que citoyen, mais ça a été signé par des hommes et femmes politiques au pouvoir. Nous pourrions être démagos et dire que l’État ne respecte plus aucun contrat mais ce n’est pas un discours raisonnable."

Outre cet accord qui permet aux concessionnaires autoroutiers de maintenir une augmentation constante, les autres raisons à cette hausse sont essentiellement dues aux actions du quinquennat précédent. Le gel des prix de 2015 décidé par Ségolène Royal, qui s'accompagne d'une compensation étalée sur plusieurs années, et le 'plan autoroute' décidé par François Hollande en fin de mandat, qui s'élève à un milliard d'euros, contribuent aussi à cette augmentation.

Par ailleurs, cette hausse ne suit pas l'inflation puisque cette dernière est jugée de 8,49 % entre 2011 et 2018 en France, selon les données de l'INSEE, alors que le prix des péages a augmenté de 9,50 % dans le même temps. Selon le Parisien, certains tronçons ont totalement explosé sur le plan des tarifs, puisque la hausse atteint 34,06 % sur les autoroutes entre Rouen et Tours, et presque autant entre Rouen et Angers, où l'augmentation est de 33,69 %. Troisième zone la plus impactée par la hausse, l'autoroute entre Chambéry et Genève, avec 24,27 %. Des chiffres qu'il est compliqué d'expliquer, que ce soit par l'inflation ou par les décisions politiques.