C'était initialement une Ferrari 512S !

Comme beaucoup de constructeurs dans les années 70 et 80, Ferrari n'a pas coupé à la tentative de faire d'une de ses voitures un modèle futuriste, en la réinterprétant de manière totalement nouvelle. Et d'ailleurs, lorsque l'on voit la Modulo, conçue en 1970, on peine à croire qu'elle se basait sur une Ferrari 512S. Convertie en châssis de 612 Can Am, les barquettes répondant au règlement du même nom, elle fut ensuite totalement mise à nue pour que Pininfarina puisse en faire sa propre interprétation d'une voiture du futur.

C'est Paolo Martin qui s'est chargé de donner les coups de crayon qui ont mené à la conception de la Modulo, et il est aussi le père de la Peugeot 104, de la Triumph Spitfire, ou encore de la majestueuse Rolls-Royce Camargue. Il avait également réinterprété la 2CV de Citroën avec un concept moderne en 2008. Pour la Modulo, il a voulu faire une voiture qui tirait de nombreux concepts de l'aviation, à commencer par sa ligne globale, ainsi que par son ouverture de l'habitacle.

Ferrari Modulo
Ferrari Modulo

En effet, avec 93,5 cm de hauteur pour 4,48 mètres de long et une largeur légèrement supérieure à 2 mètres, la Modulo est taillée à la serpe et possède un profil très aérodynamique, ainsi qu'un centre de gravité très bas, mais c'est surtout au niveau de sa bulle, si l'on peut l'appeler comme ça, qu'elle se démarque. En effet, ce concept embarque une seule portière, montée sur vérins, et qui comporte aussi le pare-brise. Cette technologie digne d'un avion de combat donne un air singulier à cette voiture, tout autant que la carrosserie qui l'englobe intégralement. En effet, pour plus d'efficience aéro, les quatre roues sont carrossées. Derrière le cockpit, la carrosserie dispose de 24 trous d'aération représentant les 12 cylindres du moteur.

Des performances dignes des années 2010

En effet, sous cette étrange carrosserie se trouve un V12 de 5.0 litres développant 550 chevaux, qui transmet la puissance aux roues arrière via une boîte de vitesses manuelle à cinq rapports. Il est capable d'atteindre la vitesse de 354 km/h et d'abattre le 0 à 100 km/h en à peine plus de trois secondes. Ce coupé "une porte" pèse 900 kilos et a fait ses débuts au Salon de Genève 1970, avec une livrée colorée à l'époque, et a plus tard été repeint en blanc. 

Ferrari Modulo
Ferrari Modulo

À l'intérieur, la planche de bord est des plus simples, tout comme le volant, dont le moyeu est intégré aux autres éléments. Le conducteur et le passager disposent de deux sphères assez imposantes à côté d'eux, qui servent de commande multifonction et de sortie d'aération. Les différentes jauges sont réparties sur l'ensemble du tableau de bord, y compris devant le passager.

La Ferrari Modulo a remporté exactement 22 prix de design au fil de sa carrière, pour son aspect innovant qui n'a jamais été revu ailleurs par la suite. Vous pensez qu'elle passe aujourd'hui une retraite calme dans un musée ? Pas du tout ! Le célèbre réalisateur, entrepreneur et concepteur de supercars, James Glickenhaus, a racheté ce modèle unique en 2014 et s'évertue actuellement à le transformer en un modèle en parfait état de fonctionnement. Si l'on a hâte de voir cet étrange pan d'histoire sur la route, on espère aussi qu'il ne lui arrivera rien, afin de le conserver en bon état et de pouvoir encore admirer ses lignes uniques.

Galerie: Concept oublié - Ferrari Modulo