Après l'éviction de Carlos Ghosn et le départ de Dieter Zetsche de Daimler, l'entente entre Mercedes et Renault aurait pu être remise en cause.

À l'initiative de Carlos Ghosn, à la tête de l'Alliance Renaut-Nissan à l'époque, la collaboration avec Daimler est toujours d'actualité. En effet, depuis septembre 2012, Renault vend à Mercedes ses moteurs diesel 1,5 litre dCi produits à l'usine de Valladolid pour les petits modèles étoilés, à savoir les Classe A, Classe B, CLA et GLA.

Mais ce n'est pas tout. Depuis 2014, Renault livre aussi son 1,6 litre dCi, fabriqué à Cléon (Seine-Maritime) pour les moteurs diesel d'entrée de gamme de la Classe C. Les deux entreprises collaborent également pour les véhicules utilitaires, ainsi Renault fabrique les fourgonnettes Mercedes Citan du côté de l'usine de Maubeuge (Nord), au côté d'un certain Renault Kangoo. Depuis le deuxième semestre 2014, Daimler produit également une Smart à quatre portes basée essentiellement sur la Renault Twingo et fabriquée au sein de l'usine slovène du Losange de Novo Mesto.

Le partenariat s'étend aussi sur d'autres produits, comme le Classe X qui hérite de nombreux éléments des deux pick-ups de l'Alliance, à savoir le Renault Alaskan et le Nissan Navara. Depuis 2017, les deux sociétés commercialisent également un moteur essence en commun, à savoir le 1,3 litre turbo à injection directe qui équipe la majeure partie de la gamme au Losange et la gamme compacte de chez Mercedes.

Des collaborations nées sous l'ère Carlos Ghosn et Dieter Zetsche, deux personnages qui ne sont plus en poste. Jean-Dominique Sénard, l'homme à la tête de Renault depuis 2019 et Ola Kallenius, le nouveau patron de chez Mercedes, devront donc composer ensemble pour continuer à collaborer. Mercedes qui, comme beaucoup d'autres constructeurs, semble vouloir faire quelques économies, notamment sur des produits de niche, ce qui pourrait laisser croire que certains modèles, étroitement liés à la collaboration avec Renault, pourraient disparaître.

Néanmoins, Jean-Dominique Sénard s'est voulu rassurant quant à cette collaboration : "Les relations sont très bonnes avec la direction de Daimler. Je peux même dire qu’elles sont en train de se renforcer, mais vous me posez la question un peu tôt. J’espère pouvoir vous faire des annonces plus précises dans quelques semaines."

Pour le moment, l'Alliance doit surtout composer avec les divers plans de restructuration annoncés par les différentes marques, redresser la barre après des résultats loin d'être bons en 2019, gérer la crise sanitaire actuelle qui sévit et s'occuper de lancements pour le moins importants, comme les arrivées des versions hybrides rechargeables des Clio et Captur.