Est-ce que ce jeu qui visait à être une des simulations les plus exigeantes ne va pas trop se simplifier ?

Vouloir s'adapter au plus grand nombre est une bonne chose. Ça offre aux joueurs plus "casual" l’opportunité de s'amuser en ayant un challenge adapté à leur niveau. Mais est-ce que forcer une licence, développée pour être plus exigeante que la moyenne, et tournée vers des joueurs demandant plus de challenge vers un fonctionnement plus arcade, ne risque-t-il pas de froisser ceux qui ont permis à cette simulation de gagner ses lettres de noblesse ?

C'est la question que l'on peut se poser en regardant le futur opus de la série Project Cars. Après avoir proposé un jeu qui mettait l'accent sur une relation privilégiée entre le joueur et le studio grâce à un système de développement à l'écoute de la communauté. Un système qui permettait au jeu de proposer des solutions rapides aux problèmes techniques rencontrés par les joueurs. 

L'autre point fort des deux derniers jeux était de proposer une véritable simulation, tout aussi punitive que la vie réelle. D'aucun pourrait dire "c'est un jeu vidéo, on est pas là pour souffrir", mais alors comment expliquer le succès de jeux très durs comme la série des Dark Souls (et autres Bloodborn et Sekiro) ?

Simplement parce qu'il y a beaucoup de joueurs qui sont à la recherche de défis. Alors oui, le résultat peut sembler futile, mais il fait du bien à l’ego. Comme souvent, ce n'est pas la destination qui compte, mais la manière d'y arriver. Avoir un bon jeu compliqué qui devient de plus en plus compliqué à mesure que vous le maîtrisez est satisfaisant.

Et c'était ça la grande force de Project Cars 1 et 2. Ils étaient très durs, ils demandaient de l'implication et de l'apprentissage, mais une fois la physique assimilée et les mécaniques comprises, l'évolution est plaisante. Un peu comme dans Snowrunner où, au fur et à mesure que l'on avance dans le jeu, le terrain se complexifie, mais vos camions deviennent de plus en plus efficaces.

Faire des plans sur la comète, c'est bien beau. Mais c'est tout ce que l'on peut faire pour l'instant car le jeu n'est pas encore sorti. Cependant, en observant la vidéo de gameplay, on se rend compte que le jeu à l'air d'avoir choisi son camp, et ce n'est pas celui que les fans attendaient.

Avant de continuer à taper sur le jeu, arrêtons nous sur quelques points forts. Le jeu à l'air beau, nettement plus que ce que laissait présager le trailer. Il promet d'avoir un catalogue automobile intéressant et il promet également une évolution des voitures logique. Vous achetez une voiture, prenons par exemple l'AMG GT visible dans le jeu, vous pourrez la faire évoluer. Vous n'aurez pas à changer de voiture pour rester compétitifs dans votre championnat par exemple. Le jeu propose également un système de personnalisation qui semble assez poussé, ce qui ravira les gens qui passent des heures dans les éditeurs de design. 

Mais tout n'est pas rose, bien que ce jeu veuille absolument plaire au simracers, il veut aussi initier de nouveaux clients à la licence. C'est un petit peu comme proposer une hypercar ultra pointue qui peut être appréhendée en cinq minutes par le premier jeune permis venu. Ce n'est pas vraiment possible. Et encore, il sera plus facile d'apprendre à conduire une McLaren Senna que de faire un jeu de course qui offre une expérience aussi plaisante pour le joueur occasionnel que pour un simracer.

PC3

Un des points qui dirige le développement d'un jeu, c'est sa cible. Qui va jouer à notre jeu ? Comme il y a beaucoup moins de simracers que de joueurs occasionnels, un producteur de jeu qui veut s'assurer un bon retour sur investissement va viser le marché ou il y a le plus de clients. Donc il va "simplifier" son jeu.

Le trailer semble d'avantage pensé pour attirer les joueurs "casual" jouant à des jeux d'arcade qu'à des pilotes cherchant une simulation réaliste. Ce qui est dommage quand on sait que les deux premiers opus ont été salués pour leur réalisme et la qualité de leur simulation.

Si le troisième opus prend un virage à 90° et opte pour un jeu plus arcade, il y a peu de chance pour que ce dernier attire autant les foules. Chose plus grave, il pourrait être développé pour être plus accessible en limitant les choses compliquées qui plaisent aux joueurs de simulations, mais en étant vendu comme un jeu de simulation pointu.

En tout cas nous avons hâte de pouvoir prendre en main ce jeu et vérifier par nous même sa vraie nature lors de sa sortie le 28 août prochain.