C'est un nouveau coup dur pour les Hauts-de-France après la fermeture des sites Continental dans l'Oise et Goodyear à Amiens.

Après Michelin il y a un an, Continental ou encore Goodyear, c'est au tour de Bridgestone d'annoncer la fermeture de l'une de ses usines. Le manufacturier japonais a ainsi décider de cesser son activité au sein de l'établissement de Béthune, dans le Pas-de-Calais, un établissement qui emploie à ce jour pas moins de 863 personnes dans la fabrication de pneumatiques pour voitures.

"Des problèmes de marché structurels nous amènent à prendre des mesures structurelles pour préserver la viabilité des opérations de l'entreprise", a annoncé à l'Agence France-Presse Laurent Dartoux, le président et directeur général de Bridgestone Europe Afrique et Moyen-Orient. La fermeture de cette usine "est un projet que nous ne prenons pas à la légère", a-t-il affirmé.

Invoquant une surcapacité de production en Europe et la concurrence des marques asiatiques à bas coûts, le groupe assure vouloir limiter au maximum le nombre de licenciements grâce à des mesures de préretraite, de reclassement interne ou externe des salariés et la recherche d'un repreneur pour le site.

Bridgestone précise dans un communiqué avoir informé les salariés mercredi 16 septembre qu'il envisageait "la cessation totale et définitive de l'activité de l'usine de Béthune", lors d'une réunion extraordinaire du comité social et économique. La fermeture pourrait intervenir à partir du "deuxième trimestre 2021".

Sur place, dans la vaste zone industrielle située en périphérie de la ville du Bassin minier, la silhouette de l'usine émergeait difficilement du brouillard dans la matinée, des camions entrant et sortant régulièrement du site, a constaté l'Agence France-Presse. Pour ceux qui viennent d'apprendre la nouvelle, c'est la douche froide. "On pensait à une réorganisation mais pas à une fermeture", commente Christophe Bouttmy, délégué syndical Sud chimie, à l'extérieur de la salle où se tient le comité social et économique.

Le gouvernement et le président de la région, Xavier Bertrand, ont aussitôt dénoncé de concert "la brutalité" de cette annonce. "Ils en contestent la brutalité, la pertinence et les fondements" et "demandent à l'entreprise que soient ouverts et analysés en détail l'ensemble des scénarios alternatifs à la fermeture du site", ont-ils déclaré dans un communiqué commun.