Plusieurs établissements du manufacturier ont été perquisitionnés par la justice allemande.

En 2015, le scandale du dieselgate a éclaboussé le monde de l'automobile avec toutes les conséquences que nous connaissons aujourd'hui. Cinq ans après, les protagonistes de cette affaire continuent d'en payer les conséquences. Seulement, si le dieselgate fût principalement associé à l'image du groupe Volkswagen, d'autres entreprises sont également visées, notamment certains équipementiers.

C'est le cas de ZF, qui a été condamné pour avoir livré des pièces dont le logiciel comprenait, à certains moments, une fonctionnalité illicite. Bosch a lui aussi été incriminé dans ce scandale. Aujourd'hui c'est un autre manufacturier, à savoir le fabricant de pneumatiques allemand Continental, d'être inquiété par l'enquête menée par la justice allemande, toujours dans l'affaire du dieselgate.

En effet, le mercredi 1er juillet 2020, des perquisitions de la justice allemande ont eu lieu au sein de plusieurs sites du groupe, à Hanovre, Francfort et Ratisbonne. Un porte-parole du parquet de Hanovre a précisé qu’il avait également demandé une perquisition dans les bureaux de l’équipementier à Wolfsburg, Gifhorn, Berlin et Nuremberg. Au totale, 76 policiers et quatre procureurs ont été mobilisés dans le cadre de ces perquisitions.

"Le parquet et la police se sont rendus sur plusieurs de nos sites, dans le cadre de l'enquête en cours sur un dispositif de trucage utilisé par Volkswagen dans un de ses moteurs", a déclaré à l'AFP un porte-parole de Continental.

"Nous enquêtons sur des salariés de Continental, soupçonnés d’avoir encouragé la fraude et d’avoir fourni de faux documents", a déclaré le procureur Oliver Eisenhauer. En effet, à la demande de Volkswagen, des salariés de Continental auraient développé un logiciel permettant de truquer l'un de ses moteurs, selon le journal économique Wirtschaftswoche.

Au total, sept ingénieurs et deux chefs de projet figurent parmi les suspects. Deux dirigeants et un responsable de la conformité ont décidé de coopérer dans le cadre de cette enquête.

"Nous n'avons fourni à aucun de nos clients des logiciels permettant de manipuler les tests", a assuré Continental, qui promet de "pleinement coopérer avec les autorités". Des perquisitions ont également été menées dans des sites appartenant à Volkswagen, toujours selon Wirtschaftswoche.

De son côté, Volkswagen a déclaré pour sa part qu'il coopérait dans cette enquête en qualité de témoin en conformité avec l’accord conclu entre le groupe automobile et le parquet de Brunswick en mai dernier.