Mensonges et absence de communications au menu.

C'est lundi que s'ouvrira le premier procès majeur contre Volkswagen au sujet du Dieselgate. Dans cette affaire, le constructeur est accusé d'avoir truqué 11 millions de moteurs diesel afin de masquer les émissions réelles des moteurs lorsqu'ils sont utilisés à puissance normale. Le tribunal régional de Brunswick va entamer l'un des procès industriels les plus retentissants au sujet d'un scandale qui l'est tout autant, et qui devrait s'étendre jusqu'à l'année prochaine.

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Lorsque l'affaire a éclaté, en septembre 2015, le titre de la marque a perdu près de 40% en bourse, et les investisseurs se sont alors mis d'accord pour réclamer le remboursement de près de 9 milliards d'euros, perdus selon eux par la faute de Volkswagen. Le procès de Brunswick ne portera pas sur leur remboursement individuel, mais sur environ 200 questions qui sont commues à ces dossiers et qui portent davantage sur les origines du problème et ses conséquences directes, plutôt que sur les répercussions boursières subies par chacun des actionnaires.

C'est le premier procès d'une telle ampleur sur le sujet. Aux États-Unis, la justice a fonctionné plus vite, les clients ont obtenu réparation grâce à des rachats de véhicules de la part du constructeur, ou par la mise aux normes de leur voiture, ce qui a déjà coûté 14,7 milliards de dollars à Volkswagen et envoyé deux de ses cadres outre-Atlantique en prison. Les accusations portent aujourd'hui sur l'absence d'informations données aux actionnaires et la communication aux marchés financiers, qui a mené les investisseurs à ces pertes colossales.

Le premier procès d'une longue série ?

Mais un tel jugement va forcément amener des questions, et celles-ci seront primordiales pour la suite du procès puisqu'elles permettront d'établir une chronologie précise des événements et surtout, le niveau de connaissance que la direction de la marque et du groupe avait de ces problèmes, puisque la tricherie s'est répercutée notamment chez Audi et Porsche, dont les moteurs diesel utilisés sont les mêmes que ceux de la marque la plus populaire du groupe.

Le cas échéant, il faudra établir les raisons pour lesquelles le logiciel de fraude a été utilisé dès 2008, et pendant sept années sans que cela ne soit indiqué aux marchés. Lumière devra également être faite sur l'identité des dirigeants qui étaient au courant et durant quelles étapes de la triche ils étaient au courant, ainsi que des éléments qui étaient à leur portée. On pense notamment à Martin Winterkorn, ancien ingénieur devenu directeur de Volkswagen entre 2007 et 2015, qui se vantait de connaître chacune de ses voitures par cœur et qui aurait été au courant plus d'un an avant que le scandale n'éclate.

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Volkswagen a déjà déboursé plus de 27 milliards d'euros en totalité à cause du Dieselgate, et le montant de ce simple procès pourrait rajouter près de 10 milliards à l'addition. Et ce sera loin d'être terminé après ce procès, puisqu'une série d'autres procédures légales devraient suivre dans ce cadre, et il semble acquis que d'autres constructeurs du groupe, voire même d'autres marques telles que Daimler et Bosch, n'échapperont pas à la justice.

Outre Martin Winterkorn, déjà inculpé aux Etats-Unis pour fraude et conspiration, on retrouvera sur le banc des accusés Rupert Stadler, qui est en détention provisoire depuis le mois de juin. Au total, ce sont plus de 40 personnes qui sont visées par le procès de Brunswick. Le parquet a déjà condamné Volkswagen en tant qu'entité, puisque la firme a été obligée de payer une amende d'un milliard d'euros, et c'est tout ce qu'il en ressortira du point de vue judiciaire en ce qui concerne la société elle-même.

 

Le résumé d'un autre scandale : le CarLeaks