Vous avez récemment fait le plein à la station ? Vous avez très certainement dû remarquer une sévère augmentation des prix du carburant ces dernières semaines, que ce soit pour le diesel ou pour le sans-plomb. Un phénomène qui, contrairement à ce que l'on pourrait croire, n'est pas dû à l'augmentation des taxes, ni à celle du pétrole brut.

La raison de cette soudaine flambée des prix se trouve du côté de Rotterdam, sur le marché du "Platts", le pétrole raffiné utilisé en Europe occidentale. Ce pétrole transformé a une cotation spécifique, déconnectée du pétrole brut et, comme vous devez vous en douter, en ce moment, il flambe encore plus que la matière première.

Problème, dans le même temps, le prix du gaz et de l'électricité en France augmente significativement, de quoi inquiéter de nombreux ménages à l'approche de l'hiver. Si le gouvernement a déjà tenté de solutionner le problème en gelant certaines augmentations et en proposant des "chèques énergies", il n'a pas encore décidé des aides relatives à la flambée des prix à la pompe.

Un dispositif "déjà vu" ?

Pour faire face à l'augmentation des prix, plutôt qu’une baisse des taxes réclamée par certains distributeurs comme E.Leclerc ou Super U, l'exécutif travaillerait sur un "chèque carburant", sur le même modèle que le "chèque énergie". Ce dispositif n'a rien de vraiment inédit puisqu'il existe déjà notamment à Castres, dans le Tarn, depuis 2018, ou encore dans les Hauts-de-France depuis 2016, et en Bourgogne-Franche-Comté depuis 2019.

Bien évidemment, ce "chèque carburant" ne sera pas pour tout le monde et sera soumis à plusieurs critères, très certainement similaires à ceux des collectivités citées plus haut. Par exemple, en Bourgogne-Franche-Comté, l’aide est de 30 euros par mois dont 50 % sont pris en charge par l’employeur. Il y a des conditions de revenus, en l'occurrence, il ne faut pas que le revenu dépasse deux fois le montant du SMIC. D'autres critères sont aussi invoqués, comme le fait qu'il n'y ait pas d'alternatives avec les transports en commun par exemple, et que la distance à parcourir minimale soit de 30 kilomètres.

Pas de baisse de la fiscalité prévue

Au micro de nos confrères de chez Europe 1, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, a indiqué que "l’aide actuellement en réflexion serait réservée aux ménages qui en ont le plus besoin", tout en ajoutant qu'il restait du "travail à faire". En effet, appliquer des aides au niveau locale, voire même départementale, semble beaucoup plus "simple" que les appliquer à l'échelle nationale. Néanmoins, le gouvernement semble bien décidé à ne pas se laisser déborder par une nouvelle vague de contestation comme en 2019 avec les Gilets Jaunes.

Et une baisse des taxes pure et simple ? Le ministre de l'Économie a assuré que l'option d'une baisse de la fiscalité pose plusieurs problèmes. "D'abord, c'est injuste. Quelqu'un qui aurait un gros 4x4 recevrait la même aide de l'Etat qu'une aide-soignante obligée de prendre sa Clio pour sillonner les routes pour faire son travail", a jugé Bruno Le Maire. "Ensuite, c'est une subvention à des carburants fossiles, donc précisément ce dont on veut se débarrasser. C'est pourquoi cette option de baisse de la fiscalité n'est pas raisonnable économiquement ni sage environnementalement", a-t-il conclu.