L'Italie n'est pas d'accord avec l'arrêt de la vente de voitures à essence et diesel à partir de 2035 proposé par la Commission européenne dans le cadre du package de réformes climatiques "Fit for 55". C'est ce qu'a déclaré ce 24 novembre Giancarlo Giorgetti, ministre du Développement économique, à l'occasion de la séance de questions à la Chambre des députés.

Le gouvernement "estime qu'il est nécessaire de proposer à la Commission européenne une révision du package susmentionné afin de favoriser une gestion de la transition écologique qui tienne compte des besoins de l'industrie automobile italienne et des aspects sociaux qui lui sont liés".

Une bataille qui se jouera à Bruxelles

Traduit, cela signifie que, selon l'exécutif, l'Italie n'est pas encore prête à envisager de faire disparaître les voitures thermiques des concessions dans 14 ans. Selon M. Giorgetti, l'impact sur l'industrie italienne des composants, qui a toujours été considérée comme l'une des meilleures dans le secteur, serait trop important. À ce stade, la bataille pour les voitures électriques se jouera entièrement à Bruxelles.

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Une demi-surprise

Cette décision n'est toutefois pas très surprenante, étant donné que le chef du ministère italien du développement économique avait déjà fait connaître la position du gouvernement ces dernières semaines lors d'un entretien avec le quotidien Corriere della SeraÀ cette occasion, M. Giorgetti avait expliqué pourquoi l'Italie n'avait pas adhéré au pacte Cop26 qui, comme Fit for 55, prévoit l'arrêt des moteurs à combustion en 2035 dans les marchés avancés, et en 2040 dans le reste du monde.

"Nous devons aborder la transition écologique avec une approche technologiquement neutre", avait déclaré le ministre, précisant que "la décarbonisation ne peut devenir synonyme d'électricité" et que, pour cette raison, "nous ne pouvons pas rejeter d'emblée d'autres pistes". M. Giorgetti a été encore plus explicite, déclarant que "la recherche et le développement doivent se poursuivre sur d'autres combustibles non fossiles, dans lesquels nos entreprises réalisent des investissements importants".

Le ministre n'a pas non plus ménagé ses mots hier, déclarant que ces questions ont été "réitérées lors de la conférence Cop26 de Glasgow, où l'Italie, ainsi que l'Allemagne, n'ont pas partagé les conclusions".