L'année 2022 a démarré au ralenti pour les ventes de voitures neuves en Europe, paralysées par la pénurie de puces électroniques, alors que les constructeurs attendent un rebond du marché en fin d'année.

Avec 682 596 voitures neuves vendues dans l'Union européenne, les constructeurs ont connu leur pire mois de janvier depuis le début de la série statistique en 1990, avec -6 % par rapport au mois de janvier 2021, déjà historiquement bas, a précisé l'Association des constructeurs européens d'automobiles (ACEA).

Les principaux marchés européens ont enregistré des baisses à deux chiffres, avec la France à -18,6 %, l'Italie à -19,7 %, la Belgique à -10 %, les Pays-Bas à -11,3 % et la Pologne à -10,2 %, par rapport à janvier 2021.

Seule l'Allemagne a rebondi de 8,5 % par rapport à un mois de janvier 2021 très faible, tandis que l'Espagne restait stable (+1 %). Près de l'UE, le Royaume-Uni a également enregistré un impressionnant rebond de ses ventes (+27,5 %) après des mois de chute. Loin de l'UE, les livraisons de voitures ont également reculé en janvier aux États-Unis et en Chine.

La pénurie de puces encore et toujours

Torpillé en 2020 par la pandémie, le marché automobile est resté paralysé en Europe et en Amérique depuis le printemps 2021 par une pénurie de semi-conducteurs. Ces puces électroniques, surtout fabriquées en Asie, sont indispensables à la fabrication des téléphones et ordinateurs portables, mais aussi des voitures qui embarquent toujours plus de technologies.

Des problèmes de logistique s'y sont ajoutés et, malgré des carnets de commandes pleins, la plupart des constructeurs ont ainsi enregistré un fort recul de leurs ventes. Faute de véhicules disponibles, les acheteurs se sont tournés en masse vers le marché de l'occasion, faisant augmenter les prix des véhicules récents.

Rebond espéré au second semestre

L'ACEA prévoit cependant que les ventes d'automobiles pourraient rebondir avec une stabilisation de l'approvisionnement en puces au deuxième semestre, et en l'absence de nouveau variant du Covid. Les constructeurs prévoient une hausse de 7,9 % en Europe en 2022, à 10,5 millions d'immatriculations, tout en restant loin de leur niveau de 2019.

La part de véhicules hybrides rechargeables et électriques a continué à augmenter en janvier, mais "cela reste un marché fragile, très dépendant des aides à l'achat et, surtout, de la disponibilité d'un réseau de recharge", prévenait début février le président de l'ACEA et PDG de BMW, Oliver Zipse.

"Il y a clairement un effet des semi-conducteurs, qui joue négativement sur le volume des livraisons", a souligné jeudi Guillaume Crunelle, du cabinet Deloitte. "Mais on bascule aussi vers un monde plus électrique, et il y a une vraie question sur les prix de l'offre disponible".

"La pénurie de puces va se résoudre dans le temps. Le challenge des années à venir, c'est la capacité des constructeurs à déployer des modèles compatibles avec les capacités d'achat de la population", a précisé Guillaume Crunelle à l'AFP.

Des résultats disparates

Les groupes automobiles ne sont déjà pas égaux face à la paralysie du marché. Le groupe Volkswagen a enregistré en janvier une baisse de 7 % de ses ventes sur un an, en ligne avec le marché. Son dauphin Stellantis est plus touché (-15,1 %), avec de mauvaises performances pour ses marques Peugeot, Fiat et Citroën, notamment.

Le groupe Renault recule de 3,5 %, avec une baisse de 15,7 % pour sa marque principale mais de bonnes ventes chez Dacia. Du côté des premium allemands, BMW enregistre un repli de 9,2 % et Mercedes de 13,8 %. Hyundai-Kia (+28,7 %) et Toyota (+9,7 %) continuent de traverser la crise plus sereinement, gagnant des parts de marché. (avec AFP)