Accueil

Actualités

Des discussions (animées) entre Renault et Nissan sur l'avenir de l'Alliance

Parmi les sujets sur la table : une redistribution des actions, la poussée vers l'électrique et la gestion du partenariat avec Geely.

Luca De Meo, ceo di Renault

Par: Francesco Barontini

Traduit par: Yann Lethuillier

11 Oct 2022 à 10:23

Ajouter Motor1.com en tant que source préférée sur Google

Partager

Renault et Nissan discutent de l'avenir de l'Alliance. Les deux constructeurs, qui, avec Mitsubishi, avaient présenté en février dernier un plan visant à poser les bases d'une collaboration qui se poursuivrait à un rythme soutenu jusqu'en 2030, éprouvent quelques difficultés à établir la nouvelle relation entre les marques concernées et les mesures à prendre concrètement pour avancer.

Des rumeurs concernant certains problèmes alimentent la presse depuis plusieurs jours, et aujourd'hui, Renault et Nissan sortent du silence avec un communiqué commun qui tente d'expliquer la situation. Toutefois, à sa lecture, on ne va guère au-delà des phrases de circonstance, alors qu'il semblerait plutôt que certaines frictions viennent animer les négociations.

Luca de Meo, le PDG de Renault, qui a été aperçu dans les stands de l'écurie Alpine lors du Grand Prix de F1 de Suzuka, ne s'est pas rendu au Japon uniquement pour suivre les exploits de Fernando Alonso et d'Esteban Ocon. Ce dernier a aussi profité du voyage pour s'entretenir avec Makoto Uchida, son homologue japonais.

La redistribution des actions

Le véritable nœud à défaire semblerait être celui de l'actionnariat. Le lien entre Renault et Nissan repose également sur la possession de nombreuses actions réciproques qui lient le destin des deux constructeurs. Ainsi, Renault pourrait réduire sa participation de 6,1 milliards d'euros.

L'opération, vivement souhaitée par Nissan, ramènerait Renault, qui détient actuellement 43,4 % du constructeur japonais, à 15 %, ce qui aboutirait à une situation de parité substantielle (Nissan détient 15 % Renault). Pour que cette redistribution soit mise en pratique, il faut toutefois l'accord de l'État français, qui détient 15 % du capital de Renault. Mais pourquoi cette nécessité de desserrer un peu la cravate se fait-elle sentir aujourd'hui ?

Les raisons des négociations

La demande de la direction de Nissan serait une conséquence du fait que le constructeur français travaille à la scission de l'entreprise en deux unités distinctes : une dédiée aux voitures thermiques et une dédiée aux voitures électriques (qui devrait s'appeler "Ampère"). Et la scission ouvre des scénarios que Nissan souhaite analyser en détail.

Tout d'abord, Renault demande à Nissan de soutenir l'émergence d'Ampère par de lourds investissements. Le constructeur français souhaiterait intégrer le constructeur japonais dans sa nouvelle entité tout en conservant une part de 51 %. Reste à savoir si cela conviendra à Nissan.

Ensuite, Renault semble plus enclin que Nissan à accepter l'arrivée de nouveaux capitaux de la part de Geely. Avec le groupe chinois, l'Alliance créera une coentreprise qui se concentrera sur les voitures thermiques, mais une fois le lien établi, la collaboration avec Geely pourrait également s'étendre aux voitures électriques. Nissan n'y semble pas favorable. Au contraire, la firme japonaise estime que le partage des connaissances et des technologies avec Geely pourrait donner à ce dernier, qui reste un concurrent au moins sur certains marchés et pour certains types de véhicules, un avantage indu.

Pas de temps à perdre

À y regarder de plus près, entre les réorganisations d'entreprises, la redistribution des participations, les demandes de financement et l'ouverture à de nouvelles collaborations, il y a encore beaucoup de choses à définir. Seulement, le temps presse : Renault veut séparer sa division thermique de l'électrique dès l'année prochaine afin de relancer la marque en Europe après les dernières années de crise, et pour ce faire, il faut que toutes les pièces se mettent en place.  

Face à toutes ces inconnues, la communication officielle se limite à un laconique : "Les deux entreprises continuent à promouvoir des améliorations structurelles pour assurer des opérations et une gouvernance durables pour l'Alliance. Toute autre communication sera faite par les membres de l'Alliance en temps voulu". Une communication un peu vague, mais ce "moment opportun" ne tardera certainement pas à arriver.

À lire aussi

Avec sa 4L produite à Maubeuge, Renault mise sur la France

Transition énergétique : il faut "laisser faire les ingénieurs"

Partager cet article

Tendances

À quoi ressemble l’intérieur de la nouvelle petite Nissan

À quoi ressemble l’intérieur de la nouvelle petite Nissan

Une Ferrari F50 avec 170 km au compteur sera mise aux enchères pour 20 millions de dollars

Une Ferrari F50 avec 170 km au compteur sera mise aux enchères pour 20 millions de dollars

Renault Kangoo électrique : 354 km d'autonomie et une recharge plus rapide

Renault Kangoo électrique : 354 km d'autonomie et une recharge plus rapide

Le concept R8 Gordini amené à être produit dans le futur ?

Le concept R8 Gordini amené à être produit dans le futur ?

DERNIERS ARTICLES

RECOMMANDÉ POUR VOUS



À quoi ressemble l’intérieur de la nouvelle petite Nissan



La prochaine voiture de sport de Porsche aura des batteries à la place de l’ancien moteur à essence



Le Nissan X-Trail fête ses 25 ans et lance la N-Trek taillée pour l’aventure



Un nouveau SUV aux lignes tout-terrain fait son apparition



Nissan a créé une Z à toit T-Top avec un style tuning typique des années 90



Renault Kangoo électrique : 354 km d'autonomie et une recharge plus rapide



Le nouveau Nissan Juke prend la route