Sur Motor1.com, on a l’habitude de vous montrer des vidéos de grosses cylindrées américaines ou italiennes qui dévalent les autoroutes en montant dans les tours. Seulement, ces vidéos se déroulent bien souvent en Allemagne où certaines portions de route sont délimitées.

Évidemment en France, il est très rare de voir une Ford Mustang ou une Ferrari F8 Tributo (paix à son âme) attaquer les routes à plus de 250 km/h, ni aucune autre voiture d’ailleurs.

Cependant, selon une enquête du groupe Sanef, le comportement sur nos routes est encore loin d’être parfait. Cette étude scientifique, réalisée depuis 2012 avec le concours du CEREMA Normandie, permet tous les ans (selon ses termes) de mieux appréhender et de mieux comprendre les conduites dangereuses et de mettre en œuvre des campagnes de communication pertinentes et ciblées. Voici les résultats de son enquête sur l’année 2023 en cours.

Une vitesse jugée trop élevée

Après une légère baisse enregistrée jusqu’à 2018, la vitesse reste à son niveau le plus élevé depuis la création de l’observatoire. En 2023, 42% des véhicules roulent au-dessus de la vitesse autorisée, contre 38% cinq ans plus tôt. La nuit, c’est même plus de la moitié des conducteurs qui roulent au-dessus de 130 km/h. En revanche il n’est pas précisé s’il s’agit en général d’une pointe à 135 ou 180 km/h… Cependant, la vitesse reste la cause principale dans 16% des accidents et est responsable d’un accident sur six.

BMW M3 Touring accidentée à vendre

Du mieux dans le respect des distances de sécurité

En 2023, 22% des véhicules roulent toujours trop près du véhicule qui les précède. Mais ce chiffre est en amélioration puisqu’on Sanef en comptait 29% en 2022. Le week-end, en revanche, le phénomène s’accentue avec 26% des véhicules qui ne laissent pas les deux secondes d’écart avec le véhicule de devant.

Les résultats s’améliorent également pour les véhicules qui cumulent le trop vite et le trop près, avec 9 % sur l’ensemble des voies contre 12% en 2022. Ils restent malgré tout 14 % sur la voie de gauche à cumuler vitesse et non-respect des distances.

Garder ses distances avec le véhicule qui précède est très important, en particulier derrière une camionnette ou un poids-lourd qui masque toute visibilité à l’avant, car si un événement imprévu survient, il est souvent très compliqué d’éviter l’accident quand bien même la qualité de freinage n’est pas la même selon le véhicule utilisé.

Une mauvaise occupation des voies

S’il y a un comportement qui évolue peu depuis la création de l’observatoire, c’est bien la mauvaise occupation des voies. Même si rester sur la voie du milieu peut sembler plus confortable aux conducteurs, cette attitude est interdite et dangereuse selon la loi.

En 2023, 39 % des conducteurs continuent d’occuper la voie du milieu alors qu’ils pourraient se rabattre sur la droite.

Ce phénomène s’accentue en journée, durant le week-end, avec plus de 50 % des conducteurs qui utilisent de manière abusive la voie du milieu. L'impact de l’occupation de la voie centrale est sous-estimé, elle induit des manœuvres de dépassement plus délicates et peut aussi provoquer des comportements risqués et interdits, comme le dépassement par la droite, selon l’étude.

Autoroute AP-7

N’oubliez pas le clignotant

En 2023, les chiffres ont peu évolué par rapport aux deux dernières éditions de 2019 et 2022, avec 28% de conducteurs qui ne signalent toujours pas leur dépassement. Ils sont même 39% à ne pas signaler leur rabattement. Le clignotant est un élément de sécurité essentiel, car il est le seul moyen de communiquer avec les autres conducteurs et qui permet de signaler tout changement de file. 

Des débordements sur la bande d’arrêt d’urgence

De plus en plus d’accidents concernent des véhicules ou des piétons présents sur la bande d’arrêt d’urgence qu’il s’agisse de clients en panne, de dépanneurs et agents autoroutiers en intervention : tout le monde est concerné.

Aussi, pour la quatrième année consécutive, le groupe Sanef a souhaité observer et quantifier les intrusions des poids-lourds sur la bande d’arrêt d’urgence.

Si les chiffres sont en amélioration en 2023 mais les observations restent préoccupantes car en effet, 4,3% des poids-lourds circulant sur la voie de droite débordent sur la bande d’arrêt d’urgence, soit une intrusion toutes les trois minutes en moyenne.