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Pourquoi Trump est un danger pour l'industrie automobile européenne

Le futur président américain a déjà pointé du doigt les importations en provenance d'Europe

Donald Trump
Photo: Flickr

La seule certitude de l'ère Trump est qu'il n'y en a pas. C'est vrai pour tout, mais particulièrement pour l'industrie automobile, un secteur qui a été évoqué plus d'une fois dans les déclarations du futur 47e président des États-Unis.

Le poids de ce secteur augmente inévitablement avec la présence d'Elon Musk, le PDG de Tesla, à Washington, qui a ouvertement soutenu le tycoon derrière sa promesse de devenir le chef d'une nouvelle commission sur l'efficacité du gouvernement, chargée de recommander des réformes des lois fédérales.

« C'est un personnage, un type spécial et un super-génie », s'est félicité Trump dans son discours de victoire. « Nous devons protéger nos génies, car nous n'en avons pas tant que ça ».

C'est pourtant là que le doute s'installe quant aux prochaines étapes de la Maison Blanche : avec le patron du plus grand constructeur mondial de voitures électriques à ses côtés, comment le président américain va-t-il se comporter à un moment historique difficile pour le secteur ? La question est compliquée et est également liée aux relations avec l'Europe.

Voiture électrique : oui ou non ?

Commençons par les phrases qui ont été prononcées au cours des dernières heures : Elon Musk doit être protégé. En lisant cela, on pourrait penser que la marque Tesla et la voiture électrique doivent également être protégées. Les déclarations faites lors de la tournée électorale sont toutefois ambiguës et pourraient aussi bien confirmer que démentir cette interprétation.

 

D'une part, Trump a atténué ses positions antérieures sur les voitures électriques et le changement climatique en déclarant qu'il était « pro-voiture électrique » car « Elon (l') a beaucoup soutenu ». D'autre part, il a ajouté que les véhicules à batterie « ne représentent qu'une petite partie du marché » et que « les gens veulent des voitures à essence et hybrides ».

Que pouvons-nous donc attendre ? En supposant que le tycoon tienne ses promesses, il est possible que la situation reste telle qu'elle est, sans nouveau coup de pouce à la transition et, en même temps, sans défaire le travail de son prédécesseur Biden, qui fut non seulement le père de l'Inflation Reduction Act (IRA) et des incitations à 7.500 dollars pour l'achat de voitures électriques, mais aussi de l'objectif (non contraignant) de 50 % des ventes de voitures entièrement électriques et hybrides rechargeables en 2030. 

Alerte à Bruxelles

Ce qui pourrait changer (pour le pire), ce sont les relations avec l'Union européenne. Trump, connu pour sa défense en faveur des produits américains, a récemment menacé de sévir contre l'importation de tous les véhicules du Vieux Continent, coupables selon lui de ne pas faire acheter de voitures américaines aux Américains. "Cela nous déchire" et “je vais y mettre fin”, a-t-il averti à Bruxelles.

BMW Serie 2 Gran Coupé (2025)

L'habitacle d'une BMW

Par le passé, les marques premium allemandes (Audi, BMW et Mercedes) avaient déjà été dans le collimateur du président, accusées de prendre des parts de marché aux groupes américains. En 2018, lors du premier mandat, on avait ainsi craint un droit de douane de 25 % sur les importations européennes, soit dix fois la taxe actuelle de 2,5 %. Rien n'avait été fait à l'époque, mais la menace se précise aujourd'hui, l'Europe faisant face à une potentielle invasion chinoise en imposant des droits de douane supplémentaires pour défendre sa production et ses ventes intérieures.

Une mesure qui ferait également le jeu d'Elon Musk, déjà présent outre-Atlantique avec sa Gigafactory de Berlin et donc - précisément - à l'abri d'une éventuelle guerre commerciale. Toutefois, BMW, Mercedes, VW et Volvo ont également leurs propres usines aux États-Unis. Reste à savoir ce qui menace l'usine mexicaine de BMW.

Le mystère reste entier quant à ce que la nouvelle présidence fera des droits de douane de 100 % sur les importations en provenance de Chine, récemment envisagés par l'administration Biden. Quels intérêts Trump va-t-il sacrifier compte tenu des relations étroites du CEO de Tesla avec la Chine et des marques américaines à défendre ? Un autre doute qui ne pourra être levé que dans les semaines à venir.