400 millions de barils de pétrole débloqués pour endiguer la hausse du prix de l'essence
Une mesure sans précédent depuis la création de l'Agence Internationale de l'Energie (IAE) en 1974.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a proposé une mesure sans précédent visant à utiliser une part significative des réserves stratégiques de pétrole détenues par ses pays membres pour alléger la pression sur les prix du brut, en forte hausse ces dernières semaines. Cette initiative intervient dans un contexte de tensions géopolitiques majeures et de perturbations de l’offre mondiale.
L’AIE, organisation regroupant 32 pays consommateurs qui coordonne notamment la mise à disposition de stocks d’urgence en cas de choc d’approvisionnement, envisage d’autoriser la libération de 400 millions de barils de pétrole sur le marché mondial, soit plus du double du précédent record consenti en 2022 lors de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine (182 millions de barils). Cette proposition, qualifiée d’« historique » par plusieurs sources proches du dossier, s’inscrit dans un effort coordonné pour tempérer la flambée des cours qui pèse sur l’économie et les consommateurs.
Les pays membres n’ont pas encore finalisé tous les détails opérationnels — notamment les modalités exactes de mise sur le marché et le calendrier de déblocage — mais l’accord, s’il est entériné, serait la plus importante mobilisation de stocks stratégiques jamais décidée par l’agence depuis sa création en 1974. Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, a souligné que « les marchés pétroliers sont mondiaux » et que la réponse à des perturbations majeures doit être collective, saluant la solidarité des États membres dans cette démarche.
La proposition s’inscrit dans un contexte de tensions exacerbées au Moyen‑Orient, notamment autour du détroit d’Ormuz, un point de passage crucial pour près d’un cinquième du trafic pétrolier mondial. Des affrontements et des attaques répétées ont perturbé le transport maritime et réduit de manière significative les exportations depuis la région, contribuant à une hausse spectaculaire des prix du brut à l’échelle mondiale.
Au sein du G7, cette initiative est également à l’étude, même si tous les ministres de l’Énergie n’ont pas encore formellement validé un déblocage coordonné de leurs propres stocks. Certaines capitales, comme l’Allemagne, ont déjà annoncé des mesures unilatérales pour puiser partiellement dans leurs réserves afin de limiter l’impact sur les marchés domestiques.
L’objectif affiché de cette mobilisation massive est de faire reculer les cours du pétrole, qui ont atteint des sommets ces dernières semaines, et d’atténuer les effets inflationnistes sur les carburants et l’énergie. Toutefois, plusieurs analystes mettent en garde contre l’effet potentiellement temporaire de ce type d’intervention, qui dépendra notamment de l’évolution du conflit régional et de la durée des perturbations d’approvisionnement.
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