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Volkswagen veut "transformer en profondeur" son modèle économique

D’autres réductions de coûts sont à venir.

Volkswagen veut
Photo: Volkswagen

Le groupe Volkswagen est au cœur d’un vaste plan de restructuration qui se traduira par la suppression de dizaines de milliers d’emplois en Allemagne d’ici la fin de la décennie. Dans une récente lettre adressée aux actionnaires, le PDG Oliver Blume a indiqué qu’environ 50 000 postes seront supprimés au cours des quatre prochaines années au sein du groupe sur son marché domestique.

Au-delà des réductions d’effectifs, le constructeur entend aussi abaisser sa production annuelle mondiale à neuf millions de véhicules afin d’éviter une surcapacité. Avant que la pandémie de coronavirus ne bouleverse l’industrie automobile, le groupe VW produisait régulièrement plus de 10 millions de véhicules par an, dépassant même 11 millions en 2018. L’an dernier, ce total est retombé à 8,9 millions de véhicules.

Les ventes depuis le début de l’année ne sont pas brillantes : toutes les marques de voitures particulières sont en baisse, à l’exception de Skoda. La marque Volkswagen a reculé de 7,6 % au premier trimestre 2026 à 1 048 300 unités. La demande pour Seat/Cupra a diminué de 1 % à 145 300 véhicules, tandis qu'Audi a enregistré un repli de 6,1 % à 360 100 voitures. Porsche a subi la plus forte baisse, en chutant de 14,7 % à 61 000 unités.

Photo : Volkswagen

Même les marques plus exclusives Bentley et Lamborghini ont connu un premier trimestre difficile. La première a vu ses livraisons reculer de 9,9 % à 2 200 unités, tandis que la seconde a diminué de 11,7 % à 2 600 voitures. Le seul point positif pour le groupe VW a été Skoda, en hausse de 14 % à 271 900 unités.

VW prévoit d’aller plus loin dans la réduction des coûts

Mais la progression continue de Skoda ne suffit pas à compenser les difficultés mondiales auxquelles la maison mère est confrontée. Le directeur financier du groupe VW et COO, Arno Antlitz, souligne que la montée en puissance des marques chinoises en Europe exerce une « pression concurrentielle ». Pour ne rien arranger, les droits de douane aux États-Unis ont pesé sur la santé financière de l’entreprise. La réponse ? De nouvelles coupes.

"Nous devons transformer en profondeur notre modèle économique et obtenir des améliorations structurelles et durables. Cela inclut l’amélioration de la structure de coûts de nos véhicules sans compromettre la substance des produits, une réduction significative des frais généraux, une hausse de l’efficacité de nos usines, ainsi qu’une accélération du développement technologique et de la prise de décision."

En bref, VW veut réduire les coûts sans nuire à la qualité, tout en accélérant le développement afin de lancer plus rapidement de nouveaux produits sur le marché. Un objectif plus facile à afficher qu’à atteindre, compte tenu du nombre de marques réunies sous une même bannière. Dans les prochains mois, le groupe vise à réduire la complexité de son « portefeuille produits et de ses plateformes technologiques ». Autrement dit, certains modèles et versions pourraient être supprimés, tandis que le nombre d’architectures pourrait diminuer.

Arno Antlitz n’est pas le premier dirigeant du groupe VW à alerter sur ce modèle économique. En juillet 2025, alors qu’il était encore patron de Porsche, Oliver Blume a écrit aux salariés, dans une lettre interne consultée par Bloomberg, que le « modèle économique, qui nous a bien servis pendant de nombreuses décennies, ne fonctionne plus sous sa forme actuelle ». Blume a depuis quitté ses fonctions de PDG de Porsche, tout en conservant celles de directeur général du groupe Volkswagen.

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