Essai Peugeot 508 GT HDi 180 - Vieille dame toujours fringante

On l'aurait presque oubliée. Pourtant, la 508 entretient toujours une tradition chère à Peugeot, celle des berlines capables de se plier aux besoins des uns et des autres sans broncher. Au fil du temps, l'espèce a bien entendu évolué et nous sommes aujourd'hui bien loin de la rusticité des aînées type 403, 404 ou 504.

Peugeot est aujourd'hui une référence en matière de châssis et la 508 ne déroge pas à la règle, en offrant un compromis dynamisme/confort que certaines concurrentes plus modernes peuvent encore lui envier. En fait, cette base performante donne le sentiment qu'un gros moteur aurait toute sa place sous le capot de la 508, commercialisée depuis 2011, puis restylée en 2014. Hélas, le V6 n'est plus en odeur de sainteté du côté de PSA, et il faut donc se tourner vers de moins nobles quatre-cylindres. Le plus puissant d'entre eux distille 180 ch et carbure au diesel : il s'agit du 2,0 litres BlueHDi 180, exclusivement associé à la boîte automatique EAT 6. C'est justement ce moteur qui équipait notre modèle, que nous avons essayé le temps d'un weekend.

Essai Peugeot 508

Visage connu

La Peugeot 508 arpente les routes depuis presque sept ans. Par conséquent, nous ne nous attarderons pas outre-mesure sur la ligne d'un modèle archi-connu. Il faut simplement remarquer que la finition GT permet de redécouvrir la sochalienne sous un nouveau jour, loin des finitions tristounettes pour lesquelles optent souvent les chauffeurs de taxis ou autres VTC. Dotée de projecteurs full LED, notre 508 est bien campée sur des jantes 19", lesquelles sont d'ailleurs proposées en option. Les logos distinctifs sur les ailes avant et la calandre procurent également un petit cachet supplémentaire à la voiture, qui affiche pour le reste des lignes classiques mais plutôt réussies. Globalement, la 508 a même plutôt bien vieilli, à l'extérieur en tout cas.

Essai Peugeot 508
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Des rides marquées à l'intérieur

Une fois à bord, les choses se gâtent assez sérieusement. En effet, le poste de conduite de la 508 est aujourd'hui dépassé, surtout lorsqu'on le compare au très moderne i-Cockpit du 3008. Les traits de la planche de bord manquent d'inspiration et trahissent clairement l'âge de la voiture. Autre point négatif, les rangements sont peu nombreux, la console centrale en étant quasiment dépourvue. Il faut donc se rabattre vers les bacs de portes, guère pratiques pour ranger de petits objets. 

En ce qui concerne l'ergonomie, le bilan est mitigé. Ainsi, l'écran tactile fait convenablement son travail mais souffre de dimensions réduites, ce qui ne facilite pas la lecture de certaines informations. Pour le reste, les différentes commandes physiques tombent bien sous la main et n'appellent pas de commentaire particulier, exception faite d'un volant chargé de nombreux boutons. Il s'agit toutefois d'un défaut que la Peugeot partage avec de nombreuses autres voitures, parfois bien plus modernes !

Côté finition par contre, la 508 s'en tire honorablement, avec des plastiques moussés en quantité suffisante, essentiellement sur la partie supérieure de la planche de bord, et des assemblages corrects. Bien sûr, nous ne sommes pas à bord d'une allemande mais tout cela reste amplement suffisant !

Essai Peugeot 508
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Sur cette déclinaison haute GT, la dotation est complète et comprend l'accès et démarrage mains libres, le régulateur-limiteur de vitesse, le détecteur d'angle mort, les sièges électriques chauffants, l'affichage tête haute, ou encore la sellerie mi-cuir (le cuir nappa avec surpiqûres rouges de notre modèle est une option à 1510 euros). En revanche, le freinage d'urgence automatique est aux abonnés absents.

Enfin, au chapitre aspects pratiques, la 508 s'en sort convenablement, avec notamment un bel espace à l'arrière. Les 515 litres du coffre (sans la roue de secours) permettent d'engloutir les bagages de toute la famille, même si une Renault Talisman fait mieux sur ce point avec un volume de 608 litres.

Souveraine sur la route 

Au volant, la 508 reste une voiture très agréable. En effet, les sensations de conduite sont toujours d'actualité et on peut même affirmer que la Peugeot fait toujours partie des meilleures. La réserve de puissance est amplement suffisante et la boîte automatique est tout à la fois douce et assez réactive. 

Les trajets citadins sont facilités par une direction très légère. Les obstacles type dos d'âne ou routes pavées sont bien absorbés, les sièges sont fermes mais confortables et le niveau d'insonorisation est excellent. Il y a tout de même un point noir, et de taille : le rayon de braquage important, qui limite de fait l'aisance de la 508 sur ce type de parcours. Gênant, même si la familiale tricolore n'a jamais voulu faire de la ville son royaume.

En réalité, elle donne la pleine mesure de son potentiel sur les axes dégagés. Premier élément positif : l'ensemble boîte/moteur est homogène et permet d'appréhender toutes les situations avec sérénité. On peut ainsi rouler sur un filet de gaz le coude à la portière, ou dépasser un autre véhicule promptement en appuyant avec conviction sur la pédale de droite. Quelle que soit l'allure adoptée, les passagers profitent toujours d'une ambiance silencieuse, le quatre-cylindres se montrant même plutôt discret lors des phases d'accélération. En ce qui concerne la tenue de route, on retrouve avec plaisir des sensations qui caractérisent les productions au Lion depuis quelques années déjà. En d'autres termes, les mouvements de caisse sont parfaitement contenus sans que cela se fasse au prix d'une fermeté excessive, au contraire.

Essai Peugeot 508
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Il faut hélas ajouter à ces qualités, deux défauts qui ternissent un peu le tableau. D'une part, la direction est trop légère à vive allure et ne communique pas suffisamment d'informations. D'autre part, le BlueHDi est plutôt avare en sensations. Disons qu'il effectue sa tâche de façon convenable, sans offrir toutefois ce petit supplément d'âme qui collerait si bien à la 508. D'ailleurs, les performances sont dans la moyenne, sans plus, avec un 0 à 100 km/h en 8,5 secondes et un 1000 m DA en 29,4 secondes.

Finalement, c'est peut-être sur autoroute que la 508 brille le plus. En effet, les kilomètres s'enchaînent sans fatigue grâce à une insonorisation soignée et un bon niveau de confort. Les 180 ch du moteur HDi permettent d'atteindre sans problème les 130 km/h réglementaires, et de s'y maintenir en toute sérénité.

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Conclusion

À l'heure des bilans, il faut donc retenir que la Peugeot 508 offre des prestations routières toujours d'actualité, avec notamment un bon compromis dynamisme/tenue de route et un ensemble moteur/boîte convaincant. Mais, nous l'avons évoqué précédemment, la sochalienne souffre d'une planche de bord vieillotte et d'un rayon de braquage médiocre. Ces deux griefs n'ont rien de rédhibitoire dans l'absolu, mais ils viennent s'ajouter à une autre faiblesse, inhérente à l'âge de la voiture : une dotation incomplète en matière d'aides à la conduite. La 508 se passe en effet d'équipements tels que le freinage d'urgence automatique ou le régulateur adaptatif, proposés sur ses concurrentes plus modernes. Cette petite lacune aurait pu être comblée par un prix compétitif, mais force est de reconnaître que la Peugeot n'est pas spécialement donnée, note modèle d'essai réclamant un chèque de 41'600 euros (sans les options). En revanche, avec 110 g de CO2/km, il n'y a aucun malus écologique à déplorer.

Finalement, la 508 ressemble un peu à ces champions sportifs sur le déclin, moins affûtés de prime abord mais toujours capables de faire bonne figure face aux nouvelles générations. Elle reste à ce titre une option cohérente à l'heure du choix, surtout si Peugeot consent à offrir une belle remise. Cela semble possible, d'autant que la nouvelle génération ne saurait tarder à prendre la relève !

 

 

Points positifs Points négatifs
 Agrément moteur/boîte  Absence de rangements
 Tenue de route  Planche de bord vieillotte
 Confort  Dotation incomplète
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