Bugatti, marque du groupe Volkswagen, affiche fièrement le niveau de commandes voire de pré-commandes pour sa dernière-née, la Chiron. Quelles raisons pourraient expliquer un meilleur départ de la Chiron comparé à celui de la Veyron ?

Au moment où est évoquée l’apparition possible d’une Chiron encore plus puissante et l’ajout d’un modèle inédit à la gamme, Bugatti n’hésite pas à communiquer autour de son "volant" de commandes. Mais au-delà des chiffres, est-il possible d’identifier des raisons possibles à ce qui pourrait peut-être devenir un succès ?

A date, Bugatti a reçu plus de deux cent commandes et pré-commandes pour sa nouvelle Chiron présentée au grand public lors de la dernière édition du salon de Genève, au mois de mars 2016, sur les 500 unités prévues au total. La marque explique que pratiquement 40 % viennent d’Europe. L’Amérique du Nord et le Moyen-Orient suivent avec des ordres de grandeur similaires. Vient enfin l’Extrême-Orient dont la progression serait forte. S’il faut essentiellement se reposer sur les données de la marque pour tenter de mesurer les ventes de Bugatti, la compréhension de la stratégie peut donner quelques indications pour mieux appréhender ce nombre de commandes d’emblée élevé, en comparaison des débuts difficiles rencontrés par la Veyron.

Lire aussi : Et si la Bugatti Galibier voyait tout de même le jour ?

Un lancement en douceur, "silencieux"

Le lancement de la Chiron a été largement préparé en amont. Presque une année avant Genève 2016 Bugatti avait invité des clients triés sur le volet à découvrir un à un le futur modèle. Des rencontres ont d’abord été organisées dans le fief de Molsheim (67) puis respectivement sur la côte Ouest des Etats-Unis, aux Emirats Arabes Unis, à Londres et enfin en Extrême-Orient. La marque a pu en ces occasions s’appuyer sur une expérience dont elle était dépourvue lors de l’arrivée de la Veyron, premier modèle de l’ère Volkswagen. Sans doute une telle démarche, qualifiée en anglais de "silent launch", a-t-elle permis de faciliter la prise de commande d’un modèle qui est aujourd’hui facturé 2,4 millions d’euros hors option, prix qui inclut une garantie et une assistance de quatre ans.

Nous apprenons, par l’entremise de Marie-Louise Fritz, porte-parole de la marque, qu’en parallèle, Bugatti a revu la présentation de ses 33 distributeurs présents dans 17 pays. La marque insiste à ce propos sur "l’expérience client" et sur la possibilité pour ces derniers de visiter le siège français de Molsheim. Selon Marie-Louise Fritz, dix ans après l’apparition de la Veyron, "les clients ont une grande confiance dans la marque et dans le produit". Ceux-là même sans doute qui ont pré-commandé la Chiron, d’autant qu’ils – "presque la moitié étant nouveaux" – n’ont a priori encore jamais pris son volant.

Des clients dorlotés

Entre un "silent lauch" inédit pour la marque et une prise en compte des moindres désirs d’une clientèle forcément exigeante, Bugatti a manifestement trouvé une formule pour bien démarrer la carrière de sa nouvelle Chiron. On sera maintenant attentif à la suite, malgré un flux d’information très contrôlé par la marque, sachant que la production restera de toute façon limitée. En réalité, c’est probablement déjà l’après Chiron qui se prépare.

La Bugatti Chiron à The Quail