Que devient Venturi ? La question peut revenir de manière récurrente. Mais jamais encore la réponse n’avait-elle été aussi évidente : un démonstrateur de technologie.

Comme d’autres, Venturi était absent de l’édition 2016 du Mondial de l’automobile de Paris alors que l’on avait pris l’habitude de voir la marque monégasque bien en vue dans les allées du hall 1 du salon parisien. Notamment pour y démontrer, ces dernières éditions, son savoir-faire en matière de développement de chaînes de traction électriques et y exposer concepts ou véhicules de record. La marque vient d’ailleurs tout récemment d’établir une nouvelle vitesse maximale pour un véhicule électrique, à 576 km/h, grâce à la VBB-3. Outre l’actualité de la marque, laquelle passe également par un engagement depuis l’origine du championnat en Formula E, c’est donc bien la stratégie et la positionnement qu’il s’agit de comprendre afin d’éclairer cette première. Thierry Apparu, responsable de la communication de Venturi, a bien voulu se plier à l’exercice.

Dossier sur la marque Venturi

D’une marque à un groupe

La marque Venturi appartient aujourd’hui – et depuis un peu plus d’un an maintenant – à un groupe, lequel est dénommé v-group. En plus de Venturi, il comprend le Venturi Formula-E Team et les motos électriques Voxan. Thierry Apparu explique clairement le nouveau positionnement :

"Nous nous sommes recentrés sur la fabrication de chaînes de traction électrique à hautes performances. Par là il faut entendre des solutions dont le registre est très large puisque nous sommes autant capables de proposer des motorisations pour des véhicules de compétition que pour des engins d’exploration comme l’Antartica, ce dernier devant être en mesure de rouler à des températures avoisinant les – 35°C".

L’Antartica est d’ailleurs toujours en cours de développement et son envoi en mission est toujours d’actualité. "Nos solutions sont disponibles 'sur l’étagère' pour qui souhaitent en disposer ou les acquérir. Aujourd’hui, compte tenu du fait que le véhicule électrique est probablement devenu la source de compétition économique la plus forte du secteur automobile, Venturi ne peut se mesurer aux grands constructeurs", précise Thierry Apparu.

Ce qui n’empêche certainement pas de collaborer ponctuellement avec d’autres constructeurs ou sous-traitants du secteur automobile. "De nos jours, aucun acteur ne peut prétendre pouvoir développer à lui tout seul un véhicule électrique. Venturi se définit ainsi comme un des acteurs de ce domaine. Nous sommes disponibles et disposés à travailler avec quiconque et nous trouvons au cœur d’un système qui évolue en permanence, ce qui est très stimulant", ajoute le responsable de la communication. Et de prendre pour exemple la VBB-3 de record qui constitue "une co-production".

Précurseur

Dans un tel contexte, on comprend que Venturi n’a plus vocation à produire des véhicules et de les mettre sur le marché. Pour le moment en tout cas. Pourtant, Thierry Apparu remarque que l’America, dont la commercialisation avait été initiée à la fin de l’année 2014, à l’instar d’autres véhicules badgés Venturi, peut être commandée et fabriquée en un peu moins de quatre mois.

"Beaucoup de véhicules sont arrivés sur le marché en même temps et les économies d’échelle réalisées par les grands constructeurs sont telles qu’en l’état Venturi a modifié ses plans même si nous sommes fiers d’avoir joué un rôle de précurseur. Nous avons notamment été les premiers à proposer une sportive électrique (la Fetish – ndlr) à une époque où certains se montraient plutôt sceptiques", rappelle Thierry Apparu.

À lire : 576 km/h – La Venturi VBB-3 bat un nouveau record de vitesse électrique

"Record sur table"

Les véhicules de record participent dès lors complètement à la stratégie nouvellement mise en place. "Il s’agit d’abord de séduire le grand public avec des véhicules hors du commun qui démontrent les capacités de l’électrique. Ces véhicules sont ensuite de l’innovation pure puisque pas une seule pièce – jusqu’au châssis – ne fait appel à de nouvelles manières de faire ou de concevoir. Enfin, ils nous permettent de nouer des partenariats avec des universités ou des centres de recherche et de travailler concrètement avec des étudiants. Ceux-là même qui opéreront quelques années plus tard dans cet éco-système du véhicule électrique", convient Thierry Apparu. Peut-être aussi de celui du véhicule autonome ? Non, Venturi se concentre bel et bien sur les chaînes de traction.

Dossier sur la marque Venturi
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Une écurie de compétition en propre

Venturi est également engagé en Formule E depuis la saison inaugurale et compte bien y rester. "Il est vrai que de plus en plus de grands constructeurs s’engagent en Formule E, ce dont nous nous réjouissons. Nous y avons notre place, et ce sur le long terme", assure Thierry Apparu. Auteur de prestations régulières et parfois de coups d’éclat, fournisseur l’an passé de la chaîne de traction de l’écurie américaine Dragon Racing, Venturi doit toutefois encore faire face à quelques difficultés que le responsable de la communication explicite :

"Il nous a fallu apprendre le métier de la course automobile, constituer une équipe solide. Nous avons beaucoup évolué et commençons à en récolter les fruits. Après le plateau de pilotes de la Formule 1, celui de la Formule E passe pour être le plus beau. Cette discipline constitue un laboratoire technologique et un banc d’essai formidables", conclut Thierry Apparu.

La Manufacture de Voitures de Sport (MVS) qui, du côté de Cholet (49)  fut à l’origine de la marque française Venturi est certes bien loin mais il en va ainsi de toute marque, de tout constructeur, qui existe. On ne peut dès lors que continuer de suivre avec intérêt – et passion – l’aventure de Venturi.

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