Motor1.com, vous présente la Carrera Cup dans ses détails.

S'engager en compétition en tant que marque n'est pas un choix aisé. Porsche, en dépit de son passé sportif, doit aussi réfléchir aux intérêts de s'engager dans telle ou telle compétition auto. Néanmoins, comme quelques marques aujourd'hui, la firme de Zuffenhausen possède sa propre coupe monomarque. À l'image de Ferrari avec le Ferrari Challenge, ou Peugeot avec la 308 Cup, Renault avec sa Clio Cup, le constructeur allemand organise une compétition où ses voitures s'affrontent.

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Un format qui a pris une ampleur mondiale depuis sa création en 1986 en Allemagne, avec très vite, des déclinaisons à travers le monde, à l'image de la Carrera Cup France, dès 1987. Depuis, avec les 944 Turbo, puis les 911, le championnat n'a cessé de se développer. Pour Porsche, notamment, si les investissements sont importants, les retours le sont aussi : "Il n'y a pas de projets qui sont faits à énormes pertes", prévient d'emblée Émeric Tougeron, chef de produit Motorsport chez Porsche France. "Si le retour n'est pas financier, il faut que ce soit marketing."

Porsche - Les photos de la Carrera Cup, samedi

Le sport en exergue

Pourtant, la marque allemande a mis en place un vrai marché autour de ces autos de course : "Aujourd'hui, on a une production de 400 voitures par an, donc on a un gain de ce côté-là. Ensuite, il y a la vente de pièces détachées." Outre le côté mécanique, Porsche fait également des paris en Carrera Cup, en misant sur les jeunes pilotes, à l'image des Antoine Jung, Valentin Hasse-Clot, Lucile Cypriano, Julien Andlauer ou Jérôme de Narda en France, cette saison. "Cela nous permet de nous faire un réservoir de talents pour la marque pour faire du GT, du LMP plus tard. Il faut bien se dire que nous avons plus de vingt Carrera Cup ou de GT3 Challenge à travers le monde."

Porsche - Les photos de la Carrera Cup, samedi
Porsche - Les photos de la Carrera Cup, samedi

Former des pilotes n'est cependant pas le but ultime de la Porsche Carrera Cup. En dépit du haut niveau affiché par les pilotes présents aux avants-postes, l'idée est aussi de promouvoir le côté sportif de la marque : "Il faut bien se dire que le championnat ne nous fait pas gagner d'argent, et ce n'est pas le but. C'est un outil marketing pour faire découvrir la course à nos clients, et pas forcément un vecteur de gain, de rentabilité. Regardez au Mans, en amont des 24 Heures, vous avez 260'000 personnes, ça, pour nous, c'est une réussite."

Pour arriver à faire de cette Carrera Cup un outil marketing, Porsche travaille sur plusieurs fronts : "Il y a plusieurs aspects", poursuit Émeric Tougeron. "D'une part, il y a la visibilité, avec les sponsors, la combinaison." Il s'agit de la partie cachée de l'iceberg, ensuite, ce sont les centres Porsche qui entrent en jeu. Les plus gros centres français sont en effet sponsors des pilotes. Parfois à hauteur de 10-15 %, parfois plus. "Les pilotes doivent pouvoir mettre la voiture à disposition de la concession qui les soutient, à eux de gérer avec le team, et également d'être présents sur les événements de la marque en centre Porsche."

Porsche - Les photos de la Carrera Cup, samedi

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Porsche étant une marque sportive, "l'idée est de parler un peu de compétition pour les clients de la marque. Nous nos clients adorent discuter de ça. Ils sont nombreux à se dire : "Vous avez 19 ans, vous roulez en GT3, moi je rêve de la compétition, comment vous faîtes ?" C'est un côté apprécié par nos clients, qui peuvent être ensuite invités en Carrera Cup, et rediscuter avec le pilote, et découvrir le monde de la compétition. C'est gagnant-gagnant pour le pilote, et pour le client, avec le côté émotion qui joue."

Avec concession

S'en suit même une compétition inattendue, celle des concessions Porsche, qui s'affrontent dans le championnat, qui dispose tout de même de 21 participants cette saison. "Il y a toujours cette émulation entre les Centres Porsche, côté championnat. Des concessions se battent pour avoir le meilleur pilote. Ensuite, on essaye de fonctionner de manière géographique, que chaque région sponsorise un pilote de sa région."

Porsche Carrera Cup France - Vendredi

Évidemment, il ne s'agit pas d'une obligation pour les centres Porsche : "On ne propose pas à toutes les concessions de le faire. Un petit centre par exemple ne pourra peut-être pas soutenir un pilote. En général, les concessions jouent le jeu, et on les retrouve sur les manches de Carrera Cup près de chez eux."

Le jeu de la compétition va plus loin chez certains centres, qui n'hésitent pas à engager leurs moyens plus en avant : "Certains fondent même leur écurie, c'est le cas d'Imsa à Rouen avec Raymond Narac. D'autres achètent les voitures et les mettent à disposition des équipes."

Une stratégie qui semble marcher auprès des clients : "On a un retour en local, par exemple, sur la manche du Paul-Ricard l'an dernier, nous avions jusqu'à 2000 invités. Les retours sont positifs, et l'on a beaucoup de clients qui demandent à revenir." Un service exclusif aux clients Porsche, même si l'idée d'attirer des clients par ce biais se fait ressentir. "C'est réservé aux clients Porsche", prévient Émeric Tougeron. "Après, on essayera de mettre en avant des produits particuliers et d'attirer d'autres clients." 

Porsche - Les photos de la Carrera Cup, samedi
Porsche - Les photos de la Carrera Cup, samedi

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