Un système de mesure en conditions réelles qui, selon le constructeur, permet de recueillir des données fiables pour les conducteurs.

Les effets du DieselGate et les scandales entourant les émissions des voitures, aussi bien diesel qu'essence, se font encore ressentir deux ans après. Les constructeurs cherchent des solutions pour regagner la confiance des acheteurs, avec des données fiables et réelles, éloignées de celles fournies par le passé.

DS 3 Performance Black Special

Ainsi, depuis fin 2015, Peugeot SA travaille, en collaboration avec France Nature Environnement (FNE), Transport & Environment (T&E) et Bureau Veritas sur un protocole de mesures en conditions réelles. Selon PSA, la marge d'erreur est de 3% avec son nouveau système, et les données recueillies, après près de mille tests, se rapprochent de plus ou moins 0,2 litre aux 100 km avec des données publiques, comme certains sites recueillent à l'image du site allemand spritmonitor.de en Allemagne.

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En test depuis fin 2015, PSA annonce avoir tiré plusieurs enseignements avec son nouveau système. Ainsi, PSA annonce avoir mesuré en moyenne, une consommation de 5,8l/100 km pour les véhicules moyens de sa gamme, soit un écart de 1,74l/100 km en comparaison aux résultats officiels.

De fait, PSA annonce que ce protocole a confirmé la fiabilité des données affichées sur le tableau de bord. Le constructeur français ajoute avoir mesure une consommation moins importante d'1,5l/100 km sur les voitures diesel.

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En ville, la différence entre données d’homologation et consommation réelle est pratiquement la même pour les moteurs diesel (2,4 l/100 km) et essence (2,5 l/100 km), mais plus grande en pourcentage (écart de 53 % et 42 % respectivement). PSA ajoute également que le style de conduite influe moins la consommation sur les diesels que les essences. Enfin, l'écart de consommation entre les automatiques et les manuelles serait de 0,4l/100 km en moyenne, en faveur des transmissions manuelles.

Aller plus loin ?

Près de 60 voitures ont été testés, compilant près de 1000 versions des voitures de PSA. Des chiffres qui sont publiés sur les sites de PSA. Selon Gilles Le Borgne, directeur de la qualité et de l’ingénierie du Groupe PSA estime que ce "protocole développé avec T&E et FNE apporte une réponse fiable aux questions que peuvent se poser nos clients quant à leur consommation. Ceux-ci ont accès à des données de consommation complètes et transparentes. Nous ajouterons les premiers chiffres d’émissions de NOx d’ici à la fin de l’année."

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Greg Archer, directeur Clean Vehicles de Transport & Environment (T&E), poursuit : "Ces tests en conditions réelles montrent qu’il est parfaitement possible de recueillir des chiffres d’émissions de CO2 et de consommation de carburant pratiquement identiques à ceux que constatent les automobilistes sur la route." Selon lui, il faut également aller plus loin dans les tests, pour éviter des scandales comme par le passé. "Ces tests ne sont qu’un aspect de la solution au scandale de la fraude aux émissions. Les décisions de l’Union européenne sur l’homologation des voitures proposées à la vente (qui homologue et comment ?) seront essentielles si l’on veut un système d’essais et d’homologation rigoureux et indépendant."

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Philippe Lanternier, vice-président, corporate et business développement chez Bureau Veritas ajoute que ce protocole pourrait avoir d'autres utilités : "Le protocole a démontré son efficacité concernant les tests de consommation en usage réel. Nous sommes convaincus que cette importante expérimentation peut être reproduite avec succès dans le cadre des mesures d’émissions de NOx. Cette nouvelle étape contribuera à accroître encore la fiabilité des essais et mesures dans l'automobile."