L'étude d'une ONG tente en tout cas de le démontrer.

Qui pollue le plus : le véhicule électrique, ou le véhicule doté d'un moteur thermique ? Le débat fait rage en ce moment, un peu partout dans les médias et sur le Web. Et la question subsistera un moment encore, car la comparaison est tout sauf aisée à réaliser.

Au départ, le commun des mortels estime logiquement que l'électrique pollue moins, puisqu'il ne rejette pas de CO2 dans l'air lorsqu'il roule. Puis, petit à petit, le grand public a pris conscience de la pollution engendrée par la production des batteries nécessaires à l'électrique, pour estimer aujourd'hui, de plus en plus souvent, que cela n'est guère plus écologique que les émissions rejetées par un véhicule à moteur thermique.

pollution

En réalité, le problème est bien complexe que cela à résoudre si l'on tient compte d'un ensemble de paramètres concernant les deux moyens de locomotion concernés. L'ONG ICCT - International Council on Clean Transportation - a tenté l'opération, moyennant un travail colossal à réaliser tant les chiffres dont il faut tenir compte sont nombreux.

De fait, aux chiffres concernés par les émissions directes, c'est-à-dire celles qui sont produites lorsque le véhicule est en marche, il faut additionner l'ensemble des chiffres liés aux émissions indirectes. Pour l'électrique, il s'agit par exemples de la production de l'énergie électrique ou de la production et de la capacité de recyclage des batteries, tandis que pour le thermique, il faut, toujours à titre d'exemples, tenir compte de la pollution liée à l'extraction du pétrole ou encore aux transports des carburants. Bref, de quoi s'arracher les cheveux.

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Et pourtant, le constat posé par ICCT est très clair : sur une durée de vie de 150.000 km, sur le continent européen, un véhicule électrique rejette bien moins de CO2 dans l'atmosphère que le moteur thermique, de sa production à sa probable fin de vie.

"Les voitures électriques sont beaucoup plus propres que les voitures à moteur à combustion interne au cours de leur vie", indique ainsi l'ONG. "Nous constatons qu'une voiture électrique produit aujourd'hui seulement la moitié des émissions de gaz à effet de serre en comparaison à une voiture à moteur thermique."

"Un véhicule électrique utilisant l'électricité moyenne européenne [donc pas la plus verte, ndlr] est presque 30% plus propre sur son cycle de vie que le moteur à combustion interne le plus efficace actuellement sur le marché. [...] Sur les marchés à très faible émission de carbone, comme la Norvège ou la France, les véhicules électriques produisent moins d'un tiers des émissions d'un véhicule à moteur à combustion."

ICCT- emissions-vehicule-electrique

Sur ce graphique, vous pouvez observer en bleu les émissions liées à l'échappement, qui n'apparaissent évidemment que pour le moteur thermique, à gauche. Le rouge représente la pollution du pétrole, le violet les autres rejets polluants, et enfin le vert symbolisant les émissions liées aux batteries électriques. La différence entre électrique et thermique est flagrante, et toujours à l'avantage de la première citée.

Un bémol est toutefois à signaler, et non des moindres : l'étude ne tient pas compte des émissions actuellement liées au stockage des déchets nucléaires. Et ce n'est pas sans raison.

L'avenir est au vert

La raison de cet oubli volontaire réside probablement dans le fait que l'étude tend à démontrer que l'avenir de l'électrique semble assuré à condition que le travail de recherche mis en place se poursuive.

Ainsi, l'organisation évoque les stratégies de "décarbonisation" et l'opportunité que cela représente dans le but de réduire considérablement l'impact écologique lié à la fabrication des batteries. Les émissions qui y sont liées pourraient en effet diminuer de manière significative au cours des 20 années à venir, un phénomène encore accéléré en fonction de la proportion d'électricité dite "verte" qui pourra être produite dans le même temps.

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L'ICCT estime qu'une réduction de 30% de l'emploi du carbone entraînerait une diminution de la pollution liée à la production des batteries d'un peu moins de 20%. Si un processus de recyclage plus efficace est mis en place - ce qui semble constituer une nécessité absolue pour les prochaines années -, ce pourcentage de pollution pourrait encore nettement augmenter.

En conclusion, cette étude démontre, pour l'essentiel, que le véhicule électrique dispose clairement du potentiel nécessaire afin de représenter le moyen de transport le plus écologique possible, à condition que les efforts croissants déjà mis en place dans l'optique de réduire le taux de pollution lié soient maintenus et développés. Cela passera plus que probablement, et avant tout autre chose, par une stratégie claire et des investissements notables en matière de recyclage des éléments qui composent les batteries. Aujourd'hui, vous n'avez certainement pas tort de penser que les déchets nucléaires engendrés par la production de ces batteries sont trop nombreux et que cela engendre un taux de pollution qui n'est pas acceptable, en partie parce qu'ils sont peu ou mal recyclés. C'est aux gouvernements, aux lobbys et bien sûr aux constructeurs qu'il appartient désormais d'agir.