Le déficit cumulé d'Autolib' d'ici à 2023 a été revu à la hausse par le groupe Bolloré.

Rien n'est simple en ce moment dans les bureaux de la Mairie de Paris. En effet, après la déconvenue du dossier Vélib', Anne Hidalgo, la maire de Paris, doit faire face à un nouveau dossier pour le moins épineux : la dette d'Autolib'. Selon le quotidien Le Monde, dans une lettre signée du 25 mai 2018 et adressée à la ville et au syndicat mixte Autolib' Vélib' Métropole (SAVM), le groupe Bolloré réclame jusqu'à 40 millions d’euros par an jusqu’au terme du contrat de délégation de service public en 2023 aux 98 communes équipées du service d'autopartage.

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Toujours selon Le Monde, le déficit cumulé en 2023 atteindrait la somme astronomique de 293,6 millions d'euros. 240 millions seraient à honorer directement par les collectivités d'ici cinq ans. Effectivement, le contrat négocié en 2011 entre la ville de Paris (représentée à l'époque par Bertrand Delanoë) et Vincent Bolloré impose à l'industriel breton de ne prendre en charge les pertes que jusqu’à 60 millions d’euros. Tout le reste doit être pris en charge par les communes au prorata du nombre de stations qu'elles détiennent, tout en sachant que Paris en détient déjà la moitié.

Au tour de la justice  ?

C'est un réel conflit qui oppose donc Paris et le groupe Bolloré. Pour le résoudre, un comité de conciliation a été constitué. Dans un rapport confidentiel remis au début de l'année 2018, celui-ci propose, en s'appuyant sur un audit mené par la société Ernest & Young concernant la vérifications des chiffres prévisionnels et qui n'a jamais été rendu public, que les communes versent près de 90 millions d'euros à Bolloré. Bien évidemment, comme l'explique Le Monde, celles-ci vont refuser. Concernant la ville de Paris uniquement, celle-ci va jusqu'à proposer le versement de 40 millions. Le groupe Bolloré a rejeté cette offre et réclame près de 150 millions d’euros.

Le désaccord semble être profond entre les deux parties. La solution définitive pourrait être de laisser la justice trancher une bonne fois pour toute en saisissant le tribunal d'administration. Une issue qui ne semble pas vraiment convenir à la Mairie de Paris. Pour le groupe Bolloré, cette hypothèse ne serait pas à écarter. Le gestionnaire d'Autolib' estime que cela présente "un défaut d’intérêt économique", lui ouvrant ainsi le droit de réclamer des compensations aux communes. Si celles-ci refusent au vu de la somme astronomique que cela représente, le contrat sera résilié.

Source : Le Monde