Quand Citroën voulait s'attaquer au Groupe B dans les années 80...

Lorsque l'on évoque le terrible Groupe B des années 80, on pense surtout à des modèles mythiques comme l'Audi Quattro, la Peugeot 205 Turbo 16, la Lancia Delta S4, la Renault 5 Maxi Turbo ou encore la Ford RS 200, notamment. Mais beaucoup moins à la Citroën BX.

De fait, la version compétition de la valeureuse BX n'a guère rencontré de succès lors de ces années ultimes du championnat du monde des rallyes. Inaugurée en 1983, la réglementation Groupe B a lancé de véritables monstres de la route, avec une puissance avoisinant les 300 chevaux pour les premiers modèles, pour culminer à plus de 600 chevaux pour les dernières voitures en circulation avant l'arrêt de la réglementation, suite à de trop nombreux accidents, dont plusieurs malheureusement mortels.

Citroën BX 4TC Groupe B

Alors que le Groupe B enthousiasmait les foules et les médias, et écrivait les pages les plus épiques de l'histoire du rallye mondial, Citroën décidait de se lancer dans la ronde pour la saison 1986. Comme le stipulait la réglementation en vigueur, 200 exemplaires de la version route du modèle engagé en compétition devaient être produits, et le constructeur français se lançait ainsi dans l'aventure.

 

 

 

Un projet mené toutefois sans grande ambition puisque, par souci d'économie, un maximum de pièces de la BX 4 TC EVO Groupe B devait être partagé avec sa version route. Comme on pouvait s'y attendre, les performances de la "bête de course" de la marque aux chevrons s'en ressentaient fortement dès les premiers essais de développement en 1985, en raison d'un poids trop important et d'un moteur trop poussif, la Citroën étant l'une des dernières voitures à conserver un moteur à l'avant – toujours pour des raisons de budget - face à ses rivales ayant adopté un positionnement central de leur unité au fil des années.

Il faut dire que, chez PSA, on avait déjà fortement investi dans le Groupe B depuis les débuts de la réglementation en 1983 avec le développement de la redoutable Peugeot 205 T16, laquelle allait remporter de nombreux succès, et deux titres mondiaux en 1985 et 1986 (avec les Finlandais Timo Salonen et Juha Kankkunen).

Citroën BX 4TC Groupe B
Citroën BX 4TC Groupe B

Quoi qu'il en soit, la BX 4 TC EVO Groupe B allait effectuer ses débuts en compétition en 1986 – on ne le savait pas encore, mais il s'agissait de la dernière année du Groupe B -, entamant sa campagne par un double abandon sur problèmes techniques lors de l'ouverture au rallye de Monte-Carlo. Alors que d'autres ennuis techniques allaient ponctuer la saison pour Citroën, l'équipe française allait décrocher comme meilleur résultat une simple sixième place en Suède, avant qu'un nouveau double abandon en Grèce ne décide l'équipe tricolore à jeter définitivement l'éponge avant même la fin de la saison.

Point final à la brève histoire en course de ce modèle… mais en attendant, 200 exemplaires routiers de la Citroën BX 4 TC avaient été produits. Dérivée de la BX de base, cette version disposait d'un kit de carrosserie "compétition", des voies avant et arrière élargies, une rampe de phares additionnels à l'avant.

Sous le capot, un quatre cylindres en ligne à turbocompresseur de 2'141 cm3 développant 200 chevaux transmis aux quatre roues pour 294 Nm de couple, pour une vitesse de pointe de 220 km/h et l'exercice du 0 à 100 km/h bouclé en 7.5 secondes. L'intérieur n'inspirait en revanche guère l'esprit de la course, hormis l'ajout de jauges supplémentaires sur le tableau de bord. La BX 4 TC affichait une livrée blanche au liserai bleu, blanc, rouge.

Citroën BX 4TC Groupe B

Un package qui n'a jamais réellement trouvé son public puisque, sur les 200 exemplaires produits en 1985, à peine la moitié aurait trouvé preneur. Le reste… a été détruit par Citroën avant sa sortie d'usine !

L'un des modèles rescapés – une quarantaine d'exemplaires encore répertoriée à ce jour - sera mis en vente, sans réserve, le 8 février lors de la vente Artcurial dans le cadre du Salon Rétromobile de Paris, avec un prix estimé entre 60'000 et 80'000€.

Immatriculé pour la première fois le 12 novembre 1991, soit six ans après sa sortie d'usine, cet exemplaire n'affiche que 15'000 km au compteur. Artcurial précise que cette voiture est la propriété du plus grand collectionneur de Citroën spéciales en France "et certainement dans le monde", qui en a confié la restauration au spécialiste DS Sensation.

 

Galerie: Citroën BX 4TC Group B