Un tissu d'intelligence !

Un concept-car, lorsqu'il est présenté, doit se montrer innovant, que ce soit en termes de style ou de technologie. BMW l'avait bien compris lorsqu'en 2001, la marque a commencé à travailler sur un concept appelé GINA. La signification de ce nom était Geometry and functions in 'N' Adaptations, ce qui se traduirait littéralement par 'Gométrie et fonctions en X adaptions'. Et pour cause : la Gina était censée arborer une forme malléable.

Née de l'imagination du célèbre designer de la marque à l'hélice, Chris Bangle, la GINA a été présentée en 2008, soit sept ans après le début des études la concernant, et reste toujours considérée comme l'oeuvre ultime de Bangle, qui a quitté le constructeur début 2009. Mais revenons sur le plus important concernant ce concept : sa conception pensée pour une carrosserie souple.

Cette carrosserie souple, sur laquelle BMW n'a jamais communiqué précisément, était faite d'une matière combinant vraisemblablement polyuréthane et élasthanne, lui donnant un aspect translucide. Mais surtout, elle était présentée comme élastique, imperméable, résistante au chaud et au froid, et BMW assurait qu'elle n'était pas abîmée par le mouvement, et qu'elle n'avait aucun risque de se rétracter ou de se détendre au fil du temps.

BMW GINA Light Visionary Model Concept (2008)
BMW GINA Light Visionary Model Concept (2008)
BMW GINA Light Visionary Model Concept (2008)
BMW GINA Light Visionary Model Concept (2008)
BMW GINA Light Visionary Model Concept (2008)

Cette élasticité permettait à la voiture de changer de forme face aux conditions et aux vitesses rencontrées, mais le changement pouvait aussi être contrôlé manuellement par le conducteur. Le cadre était capable de changer de position, ce qui permettait tout simplement à la voiture de changer de forme.

La matière dans laquelle ce cadre était fait était de l'aluminium, mais des supports en carbone étaient utilisés aux endroits où la flexibilité était nécessaire, comme sur les portières (qui étaient la seule partie de la voiture ou le tissus se pliait) ou l'aileron arrière. Ce dernier n'était pas solide, à proprement parler, mais la carrosserie était capable de se mouvoir pour former un élément fournissant un appui aérodynamique supplémentaire si nécessaire grâce à la flexibilité du cadre.

BMW GINA Light Visionary Model Concept (2008)
BMW GINA Light Visionary Model Concept (2008)

Perpétuellement en mouvement

Les phares étaient le meilleur exemple de l'intelligence de la voiture, qui ne laissait apparaître aucun emplacement d'éclairage lorsqu'ils n'étaient pas activés. Dès qu'ils étaient enclenchés, la carrosserie de l'avant de la voiture changeait totalement, laissant la place à la lumière de passer. La forme du capot en était ainsi entièrement revue, mais la voiture conservait son efficacité aérodynamique. L'ouverture du capot se faisait elle aussi en déplaçant la structure, qui laissait un trou béant au dessus du moteur, un V8 4.9 litres de 400 chevaux issu de la Z8.

L'intérieur était également conçu pour être flexible, permettant ainsi au conducteur un confort optimal. Le volant et les jauges - ce concept n'avait pour ainsi dire aucun bouton hors du sélecteur central et des commodos - étaient capables de bouger d'eux-mêmes au démarrage de la voiture. Reculés vers le pare-brise en position arrêtée, ils s'avançaient vers le conducteur pour être à portée de main lorsque celui-ci s'installait dans l'habitacle. 

Cette adaptabilité, tout comme la flexibilité du cadre et de la carrosserie de cette GINA, étaient destinées avant tout à mettre en avant le futur qu'imaginait BMW pour l'automobile : un véritable échange entre l'homme et la machine, qui serait capable de répondre intelligemment à toutes les fonctionnalités souhaitées par son conducteur. Si les voitures actuelles ne le font pas grâce à un cadre et une carrosserie souples, on ne peut pas nier que c'est bien la direction que prend le secteur de l'auto, près de dix ans plus tard.

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