Renault veut négocier, mais FCA refuse : c'est à prendre ou à laisser.

Renault n'a pas encore acté sa fusion avec le groupe italo-américain FCA. Selon le journal Les Echos, il semblerait qu'il y ait quelques désaccords sur la question financière. Plusieurs administrateurs de chez Renault estiment qu'il est impératif de revoir les conditions financières, mais FCA ne veut pas discuter, la proposition est à prendre ou à laisser. 

Le problème est que, pour formuler son offre, FCA s'est basé sur les cours boursiers de Renault du 24 mai 2019. L'action Renault était cotée à 51,69 euros (à son plus haut), mais cette valorisation est au plus bas depuis cinq ans ! Avant l'arrestation de Carlos Ghosn, l'action Renault avait même frôlé la barre des 100 euros au mois de mars 2018. Renault réclame une prime, mais FCA a fait savoir que cette prime était déjà prise en compte dans ses calculs.

Autre point d'accroche, la valorisation de FCA est de 18 milliards d'euros, contre 14,7 milliards d'euros pour Renault. Si les deux groupes fusionnent, il faudra que la nouvelle entité soit paritaire, à 50/50. Pour cela, FCA dit verser à ses actionnaires un dividende de 2,5 milliards d'euros. Mais même après le versement de cette somme, le rapport serait de 51,3/48,7 (en faveur de FCA). Renault est donc en position de faiblesse, voilà pourquoi le groupe français souhaite négocier les conditions financières du deal proposé par FCA.

"Si Renault est jugé sous-valorisé, c'est parce que l'Alliance avec Nissan et Mitsubishi ne marche pas, qu'elle a cessé de générer des synergies. Or, comme Nissan refuse toute fusion pour l'instant, cela ne va pas s'arranger : c'est une situation structurelle" déclare une source proche de FCA. "Nos propres actionnaires nous disent que c'est FCA qui est sous valorisé, au regard des profits réalisés aux Etats-Unis ! Si les conditions étaient revues, ils ne valideraient pas l'opération" et de poursuivre "le cours de Renault a grimpé de 12 %, celui de FCA de 8 % : les marchés considèrent que l'opération est un meilleur deal pour Renault que pour FCA. C'est un fait".

Les négociations entre les deux groupes sont toujours en cours. Renault est intéressé par l'offre de FCA, mais doit étudier le moindre détail afin que ce mariage soit le plus équitable possible. De son côté, Carlos Tavares, le patron du groupe français PSA et ancien numéro deux chez Renault, a jugé que FCA voulait tout simplement prendre le contrôle de Renault et que ce mariage fragiliserait fortement l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Source : Les Echos

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