L'affaire continue d'évoluer !

Malgré les charges accablantes qui pèsent sur Carlos Ghosn dans le cadre de l'affaire du même nom, les avocats de l'ex-PDG de Renault et Nissan ont décidé de contre-attaquer de manière agressive, en mettant directement en cause "les manquements" des procureurs dans l'enquête sur les scandales successifs dans lesquels est impliqué l'homme d'affaires, aujourd'hui détenu en prison au Japon. Et consécutivement à cela, sa défense ne plaide rien d'autre que "la demande en nullité de l'ensemble de la procédure contre leur client", a rapporté l'AFP.

Les éléments présentés par les avocats de Ghosn devant les juges "remettent fondamentalement en cause la probité et l'objectivité du dossier des procureurs", est-il précisé. Cette ligne de défense n'est pas surprenante puisque c'est ce que déclare le Brésilien depuis que le scandale a été rendu public. Ses avocats alertent les juges sur des "manœuvres illégales des procureurs commencées avant l'arrestation de Carlos Ghosn et qui se poursuivent encore aujourd'hui", et dénoncent "une collusion avec des dirigeants de Nissan [...] afin de l'écarter de l'Alliance et de contrarier le projet d'intégration renforcée entre Nissan et Renault".

Enfin, ils accusent également les enquêteurs japonais d'avoir délégué une partie du travail de recherche à des cadres de Nissan pour obtenir les documents accablants, alors que Ghosn assure depuis le début de l'enquête qu'il a été piégé par la marque japonaise. Parmi les accusations des avocats de Carlos Ghosn figurent également la confiscation illégale d'atouts, tels que les téléphones de son épouse, ou une arrestation jugée arbitraire.

Pour autant, l'enquête continue aussi en France, où les bureaux et le domicile de Rachida Dati ont été perquisitionnés. Ces perquisitions ont été menées face à des soupçons d'abus de biens sociaux et de corruption, portant sur des contrats de conseil signés par Rachida Dati avec la filiale néerlandaise RNBV de l'Alliance Renault-Nissan. La filiale en question n'a aucun salarié et les contrats concernant Rachida Dati ainsi que le criminologue Alain Bauer porteraient sur près de deux millions d'euros. L'ancienne Garde des sceaux s'est défendue de toute irrégularité dans ces accords.