Matignon a confirmé que ce ne serait pas le cas.

Ce week-end, le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, a proposé que le taux d'alcoolémie légal au volant soit ramené à zéro, arguant que "lorsqu'on conduit, on ne doit pas boire". Il a d'ailleurs inclus dans le débat le vin, alors qu'il avait lui-même été au centre d'une polémique en début d'année en estimant que le vin n'était pas un alcool comme les autres. Cette fois, il a jugé que la tolérance devait être abaissée dans tous les cas.

Mais l'idée ne serait pas abordée par Matignon, qui a déclaré que la proposition "n'a pas été retenue et [...] n'est pas envisagée par le gouvernement". Selon le cabinet du Premier ministre, les effets sur la mortalité due à l'alcool serait limités car ceux-ci interviennent lorsque le taux d'alcoolémie dépasse le triple du seuil légal, fixé à 0,5 g/l dans le sang. Le ministère ajoute que "les taux contraventionnels compris entre 0,5 et 0,79 g/l ne sont constatés que dans 12 % des accidents mortels liés à l'alcool."

Le ministère avance également l'argument de la difficulté à appliquer une telle rigueur pour les forces de l'ordre, et de potentielles injustices pour les automobilistes : "Elle emporterait d'importantes conséquences sur les contrôles par les forces de l'ordre comme sur le quotidien de nos concitoyens, et pourrait être contredite par la possibilité d'un seuil résiduel d'alcoolémie chez des conducteurs qui n'ont pas bu de verre d'alcool."

Le taux légal restera donc à 0,5 g/l (0,2 pour les jeunes conducteurs), et Matignon rappelle que d'autres mesures ont été prises, telles que "l'incitation des usagers à l'auto-évaluation de leur taux d'alcool, le développement de l'éthylotest antidémarrage ou encore la possibilité donnée aux forces de l'ordre de mettre en fourrière le véhicule d'un conducteur contrôlé avec un taux délictuel". Un bon compromis pourrait par exemple être de baisser le taux d'alcool limite à 0,2 g/l pour tous les conducteurs, apprentis ou non, ce qui est le cas de pays comme la Suède, la Norvège ou encore la Pologne. Certains pays, à l'image de la République tchèque et de la Hongrie, appliquent quant à eux la tolérance zéro.