La décision s'applique pour l'instant aux activités américaines et canadiennes de la société.

La pandémie de Coronavirus étant toujours en cours, l'une des nombreuses industries touchées, à part l'industrie automobile, est celle du tourisme. Les voyages d'affaires et de loisirs sont pour l'instant interdits ou limités (en fonction des pays), afin de contribuer à freiner la propagation de la maladie. 

C'est pourquoi les entreprises de location de voitures, comme Hertz, sont en difficulté. La société américaine de location de voitures s'est trouvée dans une situation financière critique au début du mois, accusant une baisse de 73 % des actions au cours des trois derniers mois. Une crise sans précédent pour Hertz, qui a fêté son centenaire en 2018.

Location de voitures Hertz vendant Chevy Corvette

Plus tôt dans la crise, Hertz était optimiste dans son récit, disant que la situation était correcte et que la faillite ne serait pas une option. En fin de compte, pour essayer de diminuer ses charges, Hertz a licencié près de 20'000 personnes et s'est placé sous protection judiciaire en déposant le bilan.

La société de location de voitures basée en Floride a déposé son bilan dans le Delaware, paradis de la création d'entreprises. Selon le rapport, cette banqueroute de Hertz couvre les opérations américaines et canadiennes, mais pas ses activités en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Il y a cependant fort à parier que l'impact sera si violent qu'il déstabilisera les filiales. Une instabilité qui pourra faire douter les clients sur le choix de la location. Il faudra donc bien se prémunir en cas de location, et préférer passer par un voyagiste puisque ce secteur d'activité dispose d'un fond de garantie, ce qui n'est pas le cas des loueurs automobiles.

La protection judiciaire du Chapitre 11 de la loi sur les faillites des États-Unis permet à Hertz de poursuivre ses activités pendant qu'elle conçoit un plan pour redresser l'entreprise tout en payant ses dettes. Le dépôt de bilan cite IBM Corp. et Lyft Inc. comme ses principaux créanciers, alors que les actifs et les dettes s'élèvent respectivement à 25,8 milliards (23,7 milliards d'euros) et 24,4 milliards de dollars (22,4 milliards d'euros).

Grâce à cette loi, Hertz peut donc poursuivre son activité, mais doit impérativement présenter un plan de sauvegarde économique dans les 60 jours sans quoi l'entreprise sera liquidée.

Pendant toute la période ou l'entreprise est soumise au Chapitre 11, un tribunal fédéral s'occupe de surveiller le déroulement du remboursement des dettes. General Motors et Chrysler ont utilisés cette loi en 2009 pour survivre à la crise économique.

L'année dernière, Hertz disposait de 567'600 véhicules dans son parc automobile américain, dont la totalité ou presque sont soit achetés soit loués avec des accords particuliers passés avec les constructeurs automobiles. 

L'entreprise s'efforce généralement de faire face à la baisse de la demande de la location en vendant une partie de son parc, mais avec la volatilité des prix sur le marché des voitures d'occasion, cette stratégie n'aide pas du tout puisque si Hertz met en vente beaucoup de voitures, cela va faire plonger les prix de vente, simple loi de l'offre et de la demande.

Selon Automotive News, Hertz a déclaré qu'elle disposait d'un milliard de dollars en liquide pour soutenir ses activités, mais cela n'est pas une solution viable sur le long terme.