Ils devaient être 270 à la base, ils sont finalement 124 salariés polonais à venir renforcer les rangs de l'usine d'Hordain.

La semaine dernière, les syndicats avaient pointé du doigt la décision du groupe PSA de mobiliser 270 employés polonais de son usine de Gliwice afin de venir renforcer les équipes de l'usine d'Hordain, dans le nord de la France.

Une décision bien malvenue dans un contexte particulier, d'autant plus que ces salariés prenaient en quelque sorte la place d'intérimaires. Finalement, ce ne seront pas 270 salariés mais 124 qui viendront constituer une troisième équipe au sein de l'usine.

Les employés polonais "suivent aujourd'hui un parcours d'accueil à l'aide de traducteurs, ils ont notamment pris connaissance du protocole sanitaire et de l'historique du site", a affirmé Franck Théry, secrétaire général de la CGT PSA d'Hordain. Dès vendredi, "ils intégreront leurs unités : le montage, le ferrage ou encore la peinture", a-t-il précisé.

Ces salariés, qui n'ont pas forcément l'habitude de travailler sur des utilitaires, puisque l'usine polonaise assemble des Opel Astra, devront apprendre rapidement les standards de l'établissement. Ils "sont quasi-opérationnels tout de suite", a affirmé de son côté le responsable communication de PSA Hordain, Jean-Pierre Papin.

Les 124 salariés polonais feront partie d'une nouvelle équipe créée pour répondre à une forte activité industrielle. L'équipe sera composée, à terme, de 530 personnes. Parmi ces 530 personnes, l'immense majorité sera constituée d'intérimaires. À la base, rappelons que la direction voulait que cette troisième équipe soit essentiellement composés de salariés venus de l'étranger. Une décision qui avait poussé les syndicats et le gouvernement à monter au créneau.

Cette nouvelle équipe sera donc finalement composée de 124 salariés polonais, dont le site est en activité partielle, de 235 intérimaires, dont 91 ont déjà intégré à l'usine mardi et mercredi. La direction recherche encore 174 salariés dans ses usines européennes, mais aussi d'autres intérimaires.

Cette décision a toujours du mal à passer du côté des syndicats, en témoignent les tracts de la CGT distribués aux salariés polonais à leur arrivée en bus sur le site jeudi matin.

"La direction de PSA vous fait venir travailler ici en France à 1200 kilomètres de vos foyers. Sachez que vous n'êtes pas nos ennemis mais nos collègues de PSA. Notre adversaire, c'est notre patron commun : la direction de PSA" qui "profite de la crise" pour nous "pousser à travailler à des milliers de kilomètres de chez nous pour son plus grand profit".