Le fait d'avoir, une nouvelle fois, peu de voitures sur les routes, semble donner des ailes à certains conducteurs.

C'était une tendance que la Sécurité Routière avait déjà relevée lors du premier confinement, et c'est encore le cas pour le second. Les routes étant moins encombrées, certains s'offrent vraisemblablement quelques pics d'adrénaline en poussant leur voiture un peu trop loin, en tout cas assez loin des limitations de vitesse. Et cela se ressent au niveau des chiffres, comme le révèle aujourd'hui la Sécurité Routière.

Selon l'organisme, les grands excès de vitesse, c'est-à-dire de plus de 50 km/h au-dessus de la limite, sont en hausse de 50% par rapport à la même période en 2019. "On avait imputé, pendant le confinement, la hausse des très grands excès de vitesse à la tentation des gens d'accélérer devant une route très dégagée. Là, la circulation est moins dégagée", constate Marie Gautier-Melleray, la Déléguée interministérielle à la sécurité routière.

"L'explication qui paraît la plus naturelle mais méritera d'être affinée, c'est que ces personnes, qui subissent de fortes contraintes liées au confinement, jugé pesant, aient envie dans d'autres domaines de s'affranchir des contraintes", explique Marie Gautier-Melleray, tout en rappelant que lors du déconfinement, les grands excès de vitesse n'avaient diminué que très progressivement avant de retrouver un niveau normal à la fin de l'été. 

Le nombre d'excès de vitesse supérieurs de 40 à 50 km/h enregistré par les radars automatiques a augmenté de 22 % lors des deux premières semaines du mois de novembre, comparativement à la même période l'an passé. Depuis le début du confinement, les grands excès de vitesse, supérieurs de 50 km/h à la vitesse autorisée, ont eux bondi de 50 %. Un chiffre à relativiser néanmoins puisque cela reste une infime partie de l'ensemble des excès de vitesse constatés. Pour information, en 2019, ces excès n'ont compté que pour 0,2 % du total des infractions à la vitesse.

Les petits excès de vitesse, c'est-à-dire ceux étant inférieurs à 20 km/h, ont baissé de 30 %. L'an dernier, ils ont représenté plus de 95 % du total des infractions à la vitesse relevés par les radars automatiques.