Cette décision est justifiée par la difficulté à rentabiliser, à l'avenir, la présence sur le segment A sans l'appui d'un partenaire.

La Renault Twingo est devenue, en l'espace de trois décennies, une icône de l'automobile en France, notamment grâce à la première version sortie en 1992, et qui se démarquait grâce à son design ludique, sa petite taille et surtout son espace à bord pour un si petit gabarit. Malheureusement, il ne faudra bientôt plus compter sur elle, puisque Renault ne lui assurera pas de descendance, comme l'a indiqué Luca de Meo, le directeur du groupe Renault.

"Renault va abandonner le segment A", affirme Luca De Meo. "Je considère que c’est dommage d’abandonner ce type de véhicules, mais les petites voitures thermiques vont disparaître à cause des normes européennes", précise le directeur général de Renault. Avec le durcissement des normes, "ça devient très difficile de rentabiliser un modèle thermique de 3,60 mètres de long".

La rentabilité, c'est effectivement le nerf de la guerre pour le groupe Renault en ce moment. Luca de Meo a présenté il y a quelques jours la nouvelle stratégie de l'entreprise, et il va falloir évidemment prendre des décisions fortes pour conjuguer rentabilité et respect des normes environnementales. D'une manière générale, une nouvelle Twingo n'aurait pas pu être rentable sans partenaire, notamment depuis la fin du partenariat entre Daimler et le Losange sur ce segment.

Essai Renault Twingo Electric (2020)

"On n’est pas capables de faire tout seuls un tel modèle", regrette Luca De Meo. La Renault Twingo actuelle est assemblée aux côtés de la Smart Forfour dans l’usine Renault de Novo Mesto, en Slovénie. Mais Daimler s'est désengagé du partenariat afin de prendre la direction de la Chine pour la prochaine génération de Smart. À ce propos, un accord a été officialisé avec Geely en mars 2019 pour la production des futures Smart électriques. Une production qui devrait débuter en 2022.

La Renault Twingo actuelle tirera donc sa révérence d'ici les deux à trois prochaines années. Pourtant, les résultats sont loin d'être mauvais pour la citadine française, qui s'est encore écoulée à environ 43'000 unités l'an dernier, sans oublier qu'une nouvelle version 100 % électrique est venue garnir son catalogue.

La décision de Renault n’est pas un cas isolé puisque le segment A recul constamment, à l’image du groupe PSA qui a mis un terme à son partenariat avec Toyota. Ainsi, le constructeur japonais est devenu propriétaire à 100 % de l’usine de Kolin, en République Tchèque, qui produisait jusqu’à présent les Citroën C1, Peugeot 108 et Toyota Aygo.

Une fois sa Twingo écartée, le groupe se concentrera sur d'autres modèles de petites tailles et électriques, à l'image de la future Renault 5 par exemple. Si la Twingo suit l'exemple de la R5, il y a fort à parier qu'elle reviendra d'ici les prochaines années sous une autre forme, avec peut-être même d'autres énergies, et ainsi surfer sur la tendance marketing néo-rétro qui n'est pas prête de s'essouffler, bien au contraire.