Nous sommes allés à la rencontre de la nouvelle McLaren hybride rechargeable, l'Artura.

Petit à petit, le monde des supercars et des hypercars se met à électrifier ses modèles. Évidemment pour répondre à ce besoin de baisser les émissions polluantes et de se conformer à des normes de plus en plus drastiques. Mais aussi parce que la fée électricité, qu'on le veuille ou non, apporte à l'automobile sportive un supplément de performances. 

Si certains constructeurs n'en sont qu'à leurs balbutiements, chez McLaren, on a déjà testé la technologie hybride dans deux des modèles les plus exclusifs et performants de la marque, la P1 et la Speedtail. Comme pour convaincre les plus sceptiques que le plaisir mécanique, la sportivité et les performances ne seront pas exécutées sur l'autel de l'hybridation !

D'ailleurs, l'heure est venue de passer la vitesse supérieure pour McLaren en dévoilant la nouvelle Artura, premier modèle de série hybride de la firme de Woking. Nous avons aller le découvrir lors d'une présentation statique de cette Artura dans le showroom McLaren de Saint-Cloud.

McLaren Artura

Une gamme revue 

Avant de parler de la voiture en elle même, revenons sur le fait que le constructeur profite de ce modèle pour introduire une toute nouvelle nomenclature : Artura déjà, un nom et non plus une série de chiffres et de lettres. Mais en plus, c'en est fini des "Sports Series", "Super Series" etc. , puisque la gamme se divise désormais en trois catégories : les GT, avec la McLaren GT forcément, les Supercars, dont fait partie cette Artura, et les Ultimate comme la Speedtail. 

Essai McLaren GT
Essai McLaren 720S Spider

Si la gamme Sports Series avec les "petits" modèles allant de la 540C à la 620R (en passant par les 570GT, 570S, 600LT...) a récemment tiré sa révérence, elle aura permis à la jeune marque qu'est McLaren Automotive (2011, soit 10 ans), de réaliser quelques 8500 ventes et donc de grandir. Mais la nouvelle décennie qui s'annonce s'annonce électrifiée. Ou électrisante. 

Une personnalité propre

En tout cas cette McLaren Artura qui est devant nous n'est pas la petite McLaren que l'on attendait. Véritable mix entre l'élégance de la GT et l'agressivité de la 720S, elle arbore les signes stylistiques propres à McLaren, elle est immédiatement identifiable comme appartenant à la marque, mais elle possède aussi sa propre personnalité. Même si les dimensions sont sensiblement les mêmes que la 720S, l'Artura cède quelques centimètres ou millimètres en longueur, en largeur mais aussi en empattement. 

McLaren Artura
McLaren Artura

Vue de face, elle est plus proche de la Speedtail que de la 720S, avec cette proue très légèrement pointue, et ces feux scindés en deux par le plis du bouclier avant. En faisant le tour, on est intrigué par certaines partie de la carrosserie en aluminium qui sont faites d'une seule et même pièce, que ce soit le pavillon de toit ou par partie arrière.

De profil, par rapport à un 720S, on a l'impression que le cockpit est légèrement moins avancé. 

Chaque élément à sa place

Comme tout le temps chez McLaren, chaque chose a une fonction et rien n'est laissé au hasard. Form follows function. Et les superbes portière sculptées permettent de diriger l'air vers les radiateurs arrière. On est également happés par ces montants arrière qui forment un pont entre le pavillon et le berceau du moteur, afin de laisser passer l'air. L'Artura est véritablement scupltée par l'air, et s'il n'y a pas d'aileron actif à l'arrière, sa forme permet quand même de générer jusqu'à 50 kilos de poids à vitesse élevée.

McLaren Artura
McLaren Artura

Un petit mot sur la McLaren Artura que nous avons devant nous, qui arbore une teinte Orange Ember qui laisse apparaître à la lumière des paillettes jaunes. Le carbone est également très présent ici avec l'ajout du pack MSO qui laisse de la fibre tressée apparente sur les ailes avant, la lame avant et le diffuseur arrière ou encore les coques de rétroviseurs. 

McLaren Artura

Une plateforme inédite

Puisque l'on parle de carbone, il faut rappeler que cette McLaren Artura est une voiture 100 % nouvelle basée sur un châssis monocoque également développée pour elle. Baptisé MCLA, pour McLaren Carbon Lightweight Architecture, il ne pèse que 82 kilos. La voiture elle est donnée pour 1498 kilos. 

Non content d'être plus rigide et d'offrir une meilleure sécurité, ce nouveau châssis permet donc un poids donc très contenu, d'autant plus que la système hybride pèse forcément un peu plus lourd, notamment avec les batteries logées dans le plancher, juste derrière les sièges. Les batteries ne pèsent que 88 kilos. 

McLaren Artura

100 km/h en 3 secondes

Même s'il est bien caché sous la partie arrière, le moteur de cette McLaren Artura, on le sait, est inédit. Il s'agit d'un V6 à 120°, de 3 litres, biturbo, qui délivre 580 chevaux. Auxquels il faut ajouter les 95 chevaux électriques, soit 680 chevaux au total. Et 720 Nm de couple. De quoi expédier le 0 à 100 km/h en 3 secondes. Et atteindre 330 km/h en pointe. 

La McLaren Artura démarre en mode électrique et jusqu'à 40 km/h, ne démarre pas le V6. Et alors que la transmission est à 8 rapports, la marche arrière elle est exclusivement en électrique. À noter que la charge de la batterie nécessite 2h30 pour arriver à 80 %. Et que le moteur thermique peut également servir à recharger la batterie. 

McLaren Artura

Un cockpit qui invite à la conduite sportive

En attendant de pouvoir véritablement conduire cette Artura, nous avons pu découvrir son habitacle en nous glissant à son volant. L'entrée est toujours un peu compliquée par le châssis monocoque qui entrave une partie de l'entrée, mais une fois dedans, on se sent dans un véritable cockpit dédié à la conduite sportive. 

McLaren Artura

De la même manière que la forme extérieure est dictée par les besoins aérodynamiques, à l'intérieur, tout est fait pour que le pilote, ou du moins le conducteur, soit le plus possible concentré sur sa conduite. Et cela passe notamment par ce nouveau bloc d'instrumentation solidaire du volant, qui optimise la vision de l'écran digital, et permet d'avoir les commandes sous la main. Comme par exemple le fait de pouvoir atteindre les commandes de boîte ou de mode de conduite, dans le prolongement de la casquette de compteur, du bout des doigts. Et aucun bouton parasite sur le volant. Juste de la fibre de carbone. 

McLaren n'en n'oublie pas le confort avec une tablette centrale pour tout ce qui touche à l'infodivertissement.

McLaren Artura

Vivement l'essai ! 

Ce premier contact avec la McLaren Artura nous a permis de découvrir une supercar de nouvelle génération qui semble très bien née, et qui propulse McLaren dans sa deuxième décennie d'existence, celle où, il faudra s'y faire, l'électrification jouera un rôle de plus en plus important.

En attendant il nous tarde de pouvoir essayer cette McLaren Artura !